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Interview

Naum Ildefonse : la force tranquille

Rencontre sous le soleil avec le freesurfeur biarrot, de passage chez lui entre un trip aux Mentawai et un autre à Tahiti. Chienne de vie...

Publié le 21 juin 2011

A 22 ans, Naum a plutôt la belle vie. Encore étudiant l’an dernier, il a décidé depuis quelques mois de se consacrer pleinement à son surf. Passé à 100% chez Nike 6.0, le voilà enfin freesurfeur professionnel, une position évidemment très confortable, à plus forte raison quand on bénéficie du soutien de la marque à la virgule.

On l’avait croisé à Paris il y a 2 semaines à quelques heures du départ pour les Mentawai avec tout le team Europe Nike. On l’a revu hier chez lui à Biarritz, fraîchement rentré d’Indo, et les yeux encore cernés par un week-end mouvementé à Barcelone. Et ce avant de s’envoler mercredi pour Tahiti afin de participer au Rautirare Open, la compétition de son pote et teammate Michel Bourez. Un planning de businessman qui forcément énerve ses potes… Magnéto :

Tu viens de rentrer chez Nike 6.0 en tant que free surfeur. Ça consiste en quoi exactement ? Être prêt à partir sur le champ si un swell se forme à l’autre bout de la planète ?

Ouais, en général ça se passe comme ça. J’ai dû apprendre à lire des cartes, c’est quelque chose que je ne faisais pas du tout avant. Je galère un peu, mais heureusement j’ai des potes qui savent bien le faire. La plupart du temps, c’est Alex (Laurel, ndlr) ou un autre photographe qui m’appelle pour me dire qu’il y a des vagues tel jour, à tel endroit, et pour savoir si je suis dispo pour y aller.

Tu dois donc être dispo tout le temps ?

Exactement. Jusqu’à maintenant c’était un peu compliqué parce que j’étais en cours. Mais j’ai terminé et je suis à 100 % sur le coup maintenant. Je vais pouvoir voyager plus et faire plus de choses qu’avant, ça va être bien mieux.

« JE LEUR AI FOUTU LA RAGE EN LEUR DISANT QUE J’ALLAIS JUSTE AUX MENTAWAI ET QU’EN RENTRANT JE REPARTAIS DIRECTEMENT A TAHITI »

Tes potes te détestent  ?

Un peu, je leur ai foutu la rage en leur disant que j’allais aux Mentawai et qu’en rentrant je repartais directement à Tahiti (rires).

Tu reviens justement de ce trip aux Mentawai. Comment ça s’est passé ?

On était sur un trip Nike aux avec Michel, Charly, Jonathan, Nico et Phlippe Malvaux (coach Nike 6.0, ndlr). Bon trip, bonne équipe, et surtout bonne ambiance sur le King Millenium. On a eu des bonnes vagues tout le temps, dont un Greenbush incroyable. C’est la 4ème fois que j’y vais mais la vague est toujours impressionnante. On a aussi fait les autres spots : Macaronis, Lance’s, Rack’s… Il y a de plus en plus de locaux qui surfent, ça fait plaisir à voir. Il y avait notamment ce gamin de Lance’s qui tubait avec un style incroyable…

Personne n’a trop « ramassé » sur le reef ?

Il y a eu pas mal de peau laissée sur le reef et une douzaine de planches cassées en 4. Michel s’est arraché le dos sur 25 cm. On aurait dit qu’un tigre l’avait griffé. Sinon, on a aussi pas mal fait de pêche à la traîne, et on a eu droit à de bons petits barbecues, sashimis etc.

Un trip sans pression…

Oui, un trip relax, qui a permis à Michel et Charly de décompresser entre les compètes. Mais il y avait quand même une légère pression dans l’eau parce qu’on avait évidemment envie de faire bien devant le photographe et le cameraman…

Sans transition : on sait que t’es chargeur de gros, tu as fais tes preuves à Hawaii, en Galice cet hiver (voir la vidéo démente ici). C’est un truc vers lequel tu voudrais t’orienter?

Ouais pourquoi pas, mais pas totalement. Je n’ai pas envie de ne faire que du tow et surfer des grosses vagues parce que j’adore surfer des petites vagues aussi. Je surfe tous les jours à la Grande Plage de Biarritz située juste en bas de chez moi. Pour résumer, le gros surf c’est quand j’ai l’occasion, c’est génial, mais je n’ai pas envie de faire que ça. Ce n’est pas mon objectif.

Tu n’as pas encore atteint tes limites pour le moment, tu sais que tu peux encore aller dans du plus gros, du plus gras ?

Ah oui largement, c’est pas encore fini (rires).

« IL Y A CETTE ESPÈCE DE PRESSION, CETTE AMBIANCE PARTICULIÈRE SUR LE NORTH SHORE »

C’est à Hawaii que tu t’es découvert ce goût pour le gros ?

Non, Hawaii c’est un peu particulier, c’est pas spécialement pour le gros, c’est juste pour l’ambiance. Il y a cette espèce de pression, cette ambiance particulière sur le North Shore.

D’où vient cette envie de charger alors ?

C’est comme ces mecs qui sautent avec des combinaisons depuis les falaises, faut être branque mais c’est juste de l’adrénaline. La recherche de cette espèce de sensation où, après la vague, tu as le cœur qui bat vite, tu souffles un bon coup et c’est cool. C’est juste ça, le plaisir. Que ce soit gros ou pas c’est toujours plus ou moins la même chose. Après, y’a évidemment un petit plus quand c’est fat et qu’il y a un peu de danger.

« ON EST ARRIVÉS SUR CETTE VAGUE MASSIVE, UN GROS SLAB. JE M’EN SUIS SORTI AVEC 4 POINTS DE SUTURE AU MENTON, LA COMBINAISON ET LES CHAUSSONS DECHIRÉS SUR LE REEF. J’AI BIEN BOUFFÉ QUOI « .

Tu ne t’es pas encore fait peur, que ce soit en Galice ou ailleurs ?

En Galice oui. On est arrivés sur cette vague massive, un gros slab. Je m’en suis sorti avec 4 points de suture au menton, la combinaison et les chaussons déchirés sur le reef. J’ai bien bouffé quoi. J’ai pris quelques vagues, et, au bout d’un moment, j’ai dit stop. En plus, je n’avais pas de planche de tow, j’avais pas le matos adéquate, du coup en rentrant je suis directement allé chez Pukas chercher du matos de tow. Maintenant on est prêt, on a le jet, j’ai les boards, les gilets…

Dernière question : On t’a vu prendre le micro et poser sur un morceau avec DVNO l’an dernier (voir le clip ici). C’est un truc que tu fais avec tes potes ?

Pas trop, c’était juste un délire comme ça. J’ai quelques potes qui rappent pas mal, moi j’avais commencé il y a longtemps quand on était encore au bahut. On avait fait quelques sons comme ça, histoire de délirer quand on avait rien à faire l’hiver. Et là, avec DVNO, on s’est rencontré, on s’est super bien entendu, on a fait le morceau et voilà.

PROPOS RECUEILLIS PAR ROMAIN FERRAND

PORTRAITS : ANTOINE JUSTES / ACTION : LAURENT MASUREL-AQUASHOT


 


 

 

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