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Focus, Interview

Gwen Renambot et le Tomahawk Bodyboard Surf Club.

Gwen Renambot, président du Tomahawk Bodyboard Surf Club (Finistère Nord), répond à nos questions.

Publié le 27 décembre 2011

Gwen Renambot est un de ces gars que l’on croise régulièrement au line-up mais pas seulement. Président du Tomahawk Bodyboard Surf Club dans le Finistère Nord, il est également de ceux qui se bougent pour leur passion hors de l’eau. Interview :

Crédit photo : Laurent Bourdier, rider : Gwen Renambot

Bonjour Gwen, peux-tu te présenter ?

Salut, je m’appelle Gwen Renambot. Je suis né à Brest et je viens tout juste d’avoir 30 ans. Je vis sur la commune de Porspoder à l’extrême nord-ouest de la pointe bretonne. J’ai commencé le bodyboard il y a plus de 16 ans. J’ai donc passé la moitié de ma vie à pratiquer ma passion.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de commencer le bodyboard ? Qui t’as donné le virus ?

Mon frère m’a donné l’envie en essayant ce « nouveau sport » au début des années 90. Je suis allé tester avec lui, mais bon, sans combinaison en plein mois de novembre, c’était rude comme première expérience. Une fois la combinaison achetée, tout était bien plus simple… Depuis j’adore toujours autant ce sport et même plus qu’à mes débuts.

Prone ou DK ?

Prone a 100% !

Meilleurs surf trip ?

Mon meilleur trip est, sans hésiter, celui que j’ai réalisé en 2006. Je suis parti six mois entre l’île de La Réunion, l’île Maurice et l’Indo (Bali, Lombok, Sumbawa). Je suis parti seul de ma p’tite Bretagne pour retrouver deux amis à La Réunion (Mathieu Milléla et Amaury Lavernhe). Je suis resté deux mois et demi tellement l’ambiance était incroyable là-bas. Ensuite, j’ai enchainé par l’île Maurice pour finir par deux mois en Indonésie avant de repasser par La Réunion. Bref un trip que je ne suis pas prêt d’oublier.

Comment est l’ambiance à l’eau chez les surfeurs du Finistère Nord ? Quel est le niveau ?

Dans le Finistère Nord, l’ambiance est excellente. Il est vrai que lors des belles sessions avec des photographes au bord, l’ambiance se tend un peu car chacun veut sa petite photo dans le barrel… Mais c’est de bonne guerre, et puis généralement on se connait tous dans l’eau. Tout le monde se dit bonjour, il n’y a vraiment aucun problème.
Pour ce qui est du niveau, il y a un petit trou de génération sur les compétitions, surtout sur le circuit open. Par exemple, depuis quelques années au championnat de France, il n’y a quasiment plus de rideurs de plus de 18 ans pour représenter la Bretagne en open. Mais il ne faut pas s’alarmer, la jeune génération arrivera à maturité d’ici deux, trois ans et là ça va faire mal…

[ LA JEUNE GÉNÉRATION ARRIVERA À MATURITÉ D'ICI DEUX, TROIS ANS ET LA ÇA VA FAIRE MAL... ]

Quels sont les gars qui fracassent, les gars à suivre ?

Pour ce qui est des jeunes à suivre par chez nous, il y a tout d’abord le meilleur Breton Yann Salaun (couverture BBmag n°97 ndlr), ensuite arrive Juju Le Séhan qui a bien cartonné sur la fin de saison ! Après il y a Brandon Guillou qui surfe vraiment bien par contre, il est encore un peu light physiquement et dans les vagues poussives, mais ça viendra avec l’expérience et l’entrainement. Jean Seb Geffroy est le prochain gros chargeur breton, à seulement 14 ans il charge les reefs et les shorebreaks puissants comme un lard, c’est vraiment impressionnant pour un gamin de son âge ! Dès cet hiver, il va vivre la moitié de l’année sur Gran Canaria à côté du Fronton, ça promet, en tout cas, j’ai hâte de voir son évolution.
Et pour finir, il y a un gars discret et vraiment très efficace, aérien avec un mental incroyable sur qui je mettrais une pièce, il s’appelle Morgan Le Quellec, retenez bien son nom.

Tu as ressuscité Le Tomahawk Bodyboard Surf Club. Est-ce que tu peux nous raconter un peu son histoire ?

Tomahawk surf club logo

Le Tomahawk Bodyboard Surf Club a été créé en 1991 par la 1ère génération de bodyboardeurs du Finistère Nord (Gwen et Yann Rocher, Vincent Jacq, Jean Louis Héliès, Momo…).
Il est basé sur la commune de Landunvez dans le Finistère Nord et plus précisément sur le spot de Penfoul. Le club a trusté toutes les 1ères places sur les compétitions bretonnes de bodyboard durant les années 90 grâce à des riders comme Simon Michelin, J-Bapt Omnès, Greg Closier et au niveau des espoirs, il y avait Sébastien Héliès (RIP) et Y-Marie Lefourn…
Ensuite les plus grands étant trop grands et les plus jeunes trop jeunes, chacun a fait sa petite vie de son côté et le club a perdu ses éléments moteurs. Le club s’est arrêté de vivre au début des années 2000.

Pourquoi l’avoir remonté ?

En fait, je me suis blessé assez gravement lors d’une session fin 2008 et ne pouvant plus surfer pendant de longs mois, je voulais rester dans le milieu « surf » et j’ai donc décidé de faire quelque chose d’utile. J’ai repris contact avec un ancien leader du club (Yann Rocher) qui m’a beaucoup aidé et soutenu lors du lancement du club.

Combien d’adhérents ? Age moyen ? Proportion surf/body ?

On est une cinquantaine cette année dans le club. Je n’ai jamais calculé précisément l’âge moyen mais on doit tourner au environ des 25 ans. Question proportion entre surfeurs et bodybordeurs, il y a un léger avantage aux surfeurs mais en compétition, il n’y a quasiment que des bodyboardeurs…

Tomahawk surf club assemblée générale 2008

Est ce qu’il faut avoir les reins solides pour (re)monter un club de surf ?

Non, sincèrement il faut juste du temps et de la motivation mais surtout une demande des rideurs locaux. Ici les gens sont fiers de leurs racines et ont besoin de se rattacher à quelque chose, pour les rideurs locaux c’était un club.

Quels sont tes pires et meilleurs souvenirs ?

Mes deux meilleurs souvenirs avec le club sont tout d’abord la 1ère assemblée générale, il y avait environ 90 personnes. Un franc succès. On ne savait pas si les rideurs du coin allaient nous suivre et ça a vraiment bien marché. Le 2ème très bon souvenir est la 1ère édition du « Annaëlle Challenge », un an de travail et une grande première en France. En bonus, il y a eu la sortie dans Bodyboard-mag d’un DVD réalisé par Ronan Gladu et un reportage qui est passé sur France 3 dans l’émission Littoral. Pour ce qui est des pires souvenirs, franchement il n’y en a pas. C’est que du bonheur de rassembler des rideurs et d’organiser des événements. Tout le monde est motivé et heureux de se retrouver autour d’une passion et moi le premier.

[ RETOUR DU « ANNAELLE CHALLENGE » À L'AUTOMNE PROCHAIN ]

Quels sont les projets du Club pour 2012 ?

Nous n’avons pas encore défini l’ensemble des événements 2012 mais nous pouvons affirmer d’ores et déjà que nous allons refaire des initiations gratuites sur le spot de Penfoul, un nettoyage de plages, un week-end camping près d’un spot avec tous les membres du club. Il y aura aussi surement une coupe du Finistère de surf et/ou bodyboard, et bien sûr le gros projet de l’année sera le retour du Annaëlle challenge à l’automne prochain. Ensuite quelques petits challenges amicaux se rajouteront… Bref ça fait beaucoup d’événements à organiser entre mars et novembre, mais quand on aime ça, on ne compte pas ! Je tiens à remercier Paria et Magic surf (surf shop de Brest) qui nous aident lors des diverses compétitions, et qui nous proposent de supers prix pour tous les membres du club, c’est top.

Annaëlle Challenge affiche crédit photo : Ronan Gladu Graphisme : Ific de Phenum

Tu avais organisé l’Annaëlle Challenge en 2009, 2010. Pourquoi n’y  a t il rien eu cette année ?

Bonne question (rire). La 1ere édition a été un énorme souvenir et un super succès avec notamment la victoire de Yoan Florantin. Lors de la 2ème édition, les conditions étaient meilleures que la 1ère année. Mais j’ai été déçu sur plusieurs points. Pour être franc, en tant que directeur de compétition, ça ne s’est pas passé exactement comme je le souhaitais, tant au niveau de la représentativité des riders, qu’au niveau du budget ou des retombées médiatiques. Un an de boulot pour au final ne pas être totalement satisfait, ça m’a fait réfléchir. On peut faire mieux, il y a des points à améliorer. Voilà donc pourquoi j’ai préféré faire une pause d’un an pour repartir encore plus motivé et remettre tout à plat. Pour cette année il y a une agence de communication – One blood – qui m’aide sur plusieurs points, c’est vraiment top, ça va me soulager niveau boulot…

Vous êtes en contact avec l’IBA ?

Oui nous essayons de faire rentrer l’événement sur le calendrier IBA en tant que « specialty event » pour 2013 ou même cette année… Je bosse la dessus avec « One blood », Amaury appuie le projet auprès de Terry Mc Kenna (boss de l’IBA). En tout cas, l’IBA est réceptif et aime vraiment notre concept, la vague et le fait d’être sur une île isolée. Au passage, j’en profite pour demander aux partenaires qui veulent soutenir notre événement de ne pas hésiter à nous contacter ! (gwen@annaellechallenge.com). J’ai vraiment hâte d’être sur cette micro-île pour la 3ème édition.

Avec le titre de Champion du monde de Moz l’an passé et aujourd’hui celui de PLC, comment vois-tu l’avenir du bodyboard français en tant que président de club ? 

L’avenir me semble bon, le niveau de PLC et d’Amaury est vraiment incroyable. Ils sont quasiment intouchables au niveau mondial. Il y a également la relève qui pousse derrière. Quelques rideurs devraient les rejoindre sur le Tour et je pense en priorité à Yoann Florantin qui a largement le niveau d’un top 16 mondial. Il ne lui reste plus qu’à trouver de l’argent pour suivre l’intégralité du tour IBA. Par contre, niveau espoir, on va surement passer à côté de pas mal de très bons rideurs à cause de ces attaques de requins à La Réunion. Les meilleurs bodyboardeurs français viennent de cette petite île et là, ils sont quasiment tous dans l’incapacité de rider et même pour les plus jeunes de découvrir notre sport, c’est vraiment dommage…

Tu as réalisé une compétition interne avec un format que l’on a pas l’habitude de voir – un bodyboardeur et un surfeur par équipe - Peux-tu nous expliquer ce format ? 

Oui, on a opté pour un format original et convivial avec un bodyboardeur et un surfeur en équipe. Les équipes ont été tirées au sort pour éviter que les meilleurs ne se mettent ensemble. Ça permet surtout aux rideurs qui ne se connaissent pas trop de mieux se connaitre. Cela créée une bonne complicité entre des membres du club. On peut se permettre de faire ce format car on a plusieurs membres polyvalents (surf et bodyboard), du coup on arrive à avoir autant de bodyboardeurs que de surfeurs.

Est ce que tu as des adhérents qui ont connu la première heure du Tomahawk ? Comment se débrouille la « vieille génération » ?

Oui, il y en a quelques-uns : Yann Gouriou, un des piliers du club et trésorier, fait partie de la première génération du club. On retrouve aussi Yann Rocher, Laurent Le berre qui a été le dernier président avant l’extinction du club au début des années 2000…L’ancien champion de BZH de bodyboard, Simon Michelin fait également partie du club, d’ailleurs il a fini second au challenge interne il y a quelques semaines, mais il était sur un shortboard ce coup-ci. Greg Closier (multiple champion de BZH bodyboard) fait partie des meilleurs riders français en SUP à présent. Ça fait vraiment plaisir de voir tous ces riders suivre leur club quasiment 15-20 ans après, c’est important qu’ils soient quasiment tous là, pour nous et pour la nouvelle génération.

Un petit mot pour les adhérents ?

Un grand merci à tous les bénévoles pour le temps donné au club, à tous les membres d’être présents sur les événements et de représenter le club à travers diverses compétitions. Vivement 2012 pour de nouvelles aventures.

Un coup de cœur / coup de gueule ?

Ça me fait énormément plaisir de voir le bodyboard revenir en force depuis un an ou deux… Surtout avec les deux titres de champions du monde de bodyboard d’Amaury et Pierre-Louis, c’est incroyable. Le bémol pour cette fin d’année : la rumeur court que nous n’aurons plus de mag’ de bodyboard en France et c’est bien triste.

Merci Gwen et bonne fêtes de fin d’année à tous les membres du Tomahawk Bodyboard Surf Club.

Merci, Kenavo.

crédit : Ronan Gladu rider : Gwen Renambot

Crédit photo : Gaby Volant, rider : Gwen Renambot

Membres 2011Tomahawk

crédit : Ronan Gladu rider : Gwen Renambot

Crédit photo : Ben Mével, rider : Gwen Renambot

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