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Interview, Portfolio

Entretien avec Marc Lacomare

Compétition, jugement, matos, French Connexion, projets perso & more : interview de l'un des tous meilleurs représentants français du moment...

Publié le 3 mai 2013

Considéré, à juste titre, comme l’un des meilleurs européens que ce soit en free surf ou en compétition, Marc Lacomare, 23 ans, a tout ce qu’il faut pour aller gonfler les rangs de nos représentants français sur le World Tour : un bagage technique complet, un physique solide, une motivation sans faille et un encadrement déterminé à le pousser vers le haut. De quoi laisser présager le meilleur, d’autant que l’intéressé, actuel 38ème mondial, se sent prêt. Interview :

Marc, Hossegor avril 2013 © DR

Tu as fait un bon début de saison entre Newcastle et Margaret. Les années passées sur le QS commencent à payer…
Oui ça s’est bien passé. J’aurais aimé aller un peu plus loin mais pour un début de saison c’est toujours bon à prendre. J’aime beaucoup Margaret, tu es sûr qu’il va y avoir des vagues… J’ai changé pas mal de choses cette année, et j’espère que ça va payer. Je veux vraiment mettre toutes les chances de mon coté.

Tu dis avoir changé pas mal de choses. Comme quoi ?
Je voyage maintenant avec Yann Martin sur les grosses compètes,  je pense que ça va bien m’aider. J’ai aussi changé de préparateur physique, je m’entraîne maintenant à temps plein avec Yannick Beven. On essaie de s’entraîner 4 fois par semaine en salle : physique, souplesse, explosion, équilibre. On passe aussi beaucoup de temps à parler, à travailler le mental. Merci au passage à Julien Dales, mon ancien préparateur, pour toutes ces années passées. Mais ça fait du bien de changer.

« Mon contrat ne change pas. Pour faire simple, je change juste d’autocollants »

La Gravière, avril 2013 - Bonnarme

La Gravière, avril 2013 © Bonnarme

Autre gros changement : tu as rejoint le team Quiksilver en début d’année. Comment tu  as appris la nouvelle ?
On m’a appelé un peu avant que ça ne sorte sur le web. Ils avaient appelé mon père pendant l’épreuve de Newclastle, et je l’ai su 2, 3 jours après par quelqu’un de chez DC Shoes. La décision de recentrer toutes les marques dans leurs sports respectifs a été prise d’en haut. C’est encore assez nouveau pour moi, je ne l’ai pas encore entièrement ressenti mais je pense qu’il y a plein de bonnes choses à venir. Mon contrat ne change pas. Pour faire simple, je change juste d’autocollants.

Tu as aussi changé tout ton quiver. C’est quelque chose que tu fais chaque année en début de saison ?
Je commence souvent l’année avec pas mal de nouvelles boards. Mais j’ai changé pas mal de choses cette année. Il y a eu pas mal de nouveaux modèles, j’en ai testés certains, j’attends encore pas mal de planches.

Quel est ton objectif principal cette année ?
Mon objectif reste la qualification pour le World Tour. Il ne reste plus trop de compétitions, je n’ai pas droit à l’erreur car les prochaines épreuves vont être vraiment importantes. Ce serait bien de faire un bon résultat dans les 2 prochaines. Mais je pense que c’est faisable.

Mundaka, avril 2013 - A. Justes

Mundaka, avril 2013 © A. Justes

Et si jamais ce n’est pas pour cette année ?
Alors j’espère que ça arrivera dans les deux prochaines années. En tout cas je vais tout donner pour ça, y aller à fond. Après, on verra ce que ça donne.

« je pense qu’avec le surf que j’ai aujourd’hui il y a moyen de faire des résultats »

Tu estimes que ton surf est aujourd’hui suffisamment complet pour le Tour ?
[Il réfléchit] C’est sûr qu’il y a encore plein de chose à travailler, mais je pense qu’avec le surf que j’ai aujourd’hui il y a moyen de faire des résultats, oui.

C’est sûr que quand on sort Parko en série (cf. l’épreuve de Newclastle en février), on se dit que tout est possible…
Oui, mais je pense qu’il n’y a pas beaucoup de monde sur le tour à avoir un surf complet aujourd’hui. Il y a la nouvelle génération d’“aérialistes”, de jeunes Brésiliens, Australiens ou Américains qui envoient grave, mais je pense qu’on n’est pas très nombreux à surfer basique au final, c’est-à-dire de manière assez puissante, à l’ancienne. J’ai d’ailleurs l’impression que les juges reviennent un peu vers ça, et c’est un surf qui me plaît.

Mentawai 2012 © Bastien Bonnarme

« J’ai l’impression que les juges reviennent un peu vers le surf à l’ancienne, et c’est un surf qui me plaît »

Tu es toi-même bon dans les airs, mais on voit aussi que tu as un gros bagage technique, et plus de puissance que les autres jeunes de ton âge…
J’ai l’impression que tous les entraînements que j’ai faits cet hiver – et j’en ai vraiment bavé – commencent à payer. Je me sens bien en moi, dans l’eau, dans les compétitions, je sens que je pourrais gagner ma place.
Après, ça se joue à beaucoup de petits détails, à de la chance, souvent à rien. Mais il ne faut pas baisser les bras. Chacun aura sa chance à un moment donné.

Comment juges-tu le niveau des surfeurs européens par rapport aux autres nations ?
On est un peu moins nombreux que les autres, mais je ne pense pas du tout qu’on soit moins désavantagés dans le surf. Il faut juste qu’on trouve nos marques et alors je pense qu’on pourrait faire plus mal que maintenant. Avec Joan, Charly, Duvi… on n’est pas nombreux mais chaque année on sort de gros résultats, on gagne des compètes. On est là.

Tu parlais du jugement. Jérémy a déjà eu plusieurs coups de gueule à l’encontre des juges et parle d’une domination australo-américaine… C’est quelque chose que tu ressens de ton côté ? Tu en penses quoi ?

Bell's Beach, mars 2013. Photo Robo/ASP

Margaret River, mars 2013 © Robo/ASP

Quand tu es sur la compète toute la journée, tu vois forcément des choses avec lesquelles tu n’es pas d’accord. Mais c’est compliqué de donner un avis là-dessus, parce que ça change à chaque fois.
Pour Jérémy – tout le monde l’a vu – c’était vraiment limite sur certaines compètes l’an dernier où il aurait peut-être dû gagner ses séries. C’est sur que quand tu es contre 2 Australiens et qu’il y a 4 juges australiens et 1 brésilien, le petit dixième ou centième de point qui peut faire la différence pourra aller à l’Australien… Mais si tu prends tes 2 vagues, que tu surfes bien, que tu es focus sur la compète, ça passe..

« Personnellement j’ai l’impression que je suis bien noté, que les juges m’aiment bien en ce moment (rires) »

Il y a aussi des fois où le jugement joue en votre faveur…
Voilà, ça va dans les 2 sens. Personnellement j’ai l’impression que je suis bien noté, que les juges m’aiment bien en ce moment (rires). Je m’en suis encore rendu compte à Margaret au mois de mars (où il a notamment décroché un 9,20pts lors du second tour, voir vidéo)

La Gravière, avril 2013 © Aquashot/Poullenot

Tu as aussi un gros projet vidéo cette année en parallèle des compétitions.
Je ne peux pas trop m’avancer là-dessus parce que tout n’est pas encore calé. Il y aura probablement une grosse vidéo, pour le web – entre 5 et 10 minutes – dans laquelle on va mettre un peu de moyens pour sortir de belles images. Mais je ne vais pas me presser, on la sortira quand on aura assez de matière, même si le but est de la sortir aux alentours du Quik Pro France. J’avais déjà pas mal de contenu – tourné en partie aux Canaries – mais je dois tout refaire parce que j’ai changé de sponsor. Je vais faire quelques trips dédiés de quelques jours dans des destinations comme le Mexique ou du côté de Sumbawa (Indo, ndlr) et bien sûr essayé d’avoir quelques bonnes vagues à la maison.

« Pour le moment je suis à fond sur les compètes, mais j’oublie pas du tout French Connexion »

Et la French Connexion (le blog vidéo qu’il partage avec Joan Duru et Charly Martin, ndlr) dans tout ça ? Ça reste d’actualité ?
Carrément. Joan revient tout juste de Tahiti où il était avec Maud et Jo (le cameraman de la FC). Ça fait un moment qu’on n’a pas filmé tous les 3 avec Charly mais on va refaire quelques trucs. C’est juste que le temps est passé super vite ces derniers mois et on n’a pas trouvé de moments pour se retrouver. C’est dur de se réunir tous les 3 vu nos agendas respectifs, tout en se focalisant sur les compètes et les vidéos. Pour le moment je suis à fond sur les compètes, mais j’oublie pas du tout French Connexion. C’est quelque chose de différent de tout le reste, c’est top.

Interview : Romain Ferrand

Retrouvez Marc Lacomare sur sa page Facebook, son compte Twitter et sur Instagram (@marclacomare)

Né : le 4 juillet 1990 à Toulouse
Vit à : Capbreton (France)
Taille :
1,80m
Poids : 78kg
Sponsors
 : Quiksilver, Monster, Channel Island, Moskova, Nixon, Arnette
Vagues préférées : La Piste et La Gravière
Manœuvre favorite : tube et frontside air
Inspirations : Andy Irons

BEST-OF MARC LACOMARE 2012 :

PORTFOLIO :


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4 commentaires 

Commentaires

    Remy - 5 mai 2013 à 19 h 40 min Répondre

    Go for WT!!!!!

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    ben - 5 mai 2013 à 17 h 29 min Répondre

    C ‘est vrai qu il est un des rare au niveau ,mais j ai bien peur qu il fasse encore un mauvais choix pour son projet de vidéo ( j’en suis quasiment certain )…alors qu il y a du très grand créateurs en France dans le domaine et qu ils peuvent rivalisent avec les meilleurs mondiaux sans problème …encore faut il sortir des sentiers battus et de la routine franchouillardes …!pour son niveau il mérite du haut de gamme ..(rire )

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    Théo - 4 mai 2013 à 18 h 10 min Répondre

    Clairement au niveau du WT ! Et puis quel style dans ses turns tout en puissance !

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    Paul - 3 mai 2013 à 20 h 05 min Répondre

    Mon pauvre Marco, j’ai bien peur que les habituels haters se déchainent… Alors avant que ça commence, je te souhaite toute la réussite possible, bien sûr que tu as le niveau ! Go !

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