Publicite1

World Tour

Kelly Slater remporte le Pipe Masters… et repousse son départ à la retraite

Le Floridien a remporté cette nuit son 7ème titre de Pipe Masters, tandis que John John Florence décroche sa deuxième Triple Crown en 2 ans, après une journée de folie à Pipe.

Publié le 15 décembre 2013

L’ASP pouvait-elle imaginer meilleur scénario que celui qui s’est déroulé hier soir à Pipeline ? Après le sacre de Fanning, Kelly Slater a remporté son 7ème Pipe Masters, et John John Florence décroche la Vans Triple Crown pour la seconde fois de sa – jeune – carrière dans des vagues parfaites de 3 à 4 mètres.

Kelly Slater a remporté sa finale face à John John de peu (16,37 contre 15,90), dans une série longue à démarrer (2 vagues prises dans les 15 dernières minutes) et dans des conditions légèrement dégradées par le vent comparé au matin. Le Floridien signe ainsi la 56ème victoire de sa carrière, et peut-être pas la dernière puisque, contrairement à ce qu’il avait laissé entendre la semaine dernière, il sera bien présent sur Tour en 2014.

Et de 7 pour Kelly Slater sur Pipe- ASP/Kirstin

“L’an dernier, quelqu’un m’a demandé ce qui m’exciterait pour la fin de ma carrière et j’ai répondu faire une finale à Pipe contre John John (Florence), c’est donc un jour spécial aujourd’hui. Gagner, c’est encore mieux. Je veux surfer contre les meilleurs surfeurs, sur les meilleures vagues, et c’est pourquoi je suis sur le Tour. J’étais évidemment ému aujourd’hui, surtout après que Mick ait décroché le titre en quarts. Je ne sais pas ce qui se passera pour moi en 2014, mais je crois que ça m’a assez gonflé pour revenir. [---] J’ai rêvé de ce jour depuis que je suis petit : gros, parfait, houle d’Ouest à Pipeline et une confrontation au Pipe Masters. Si je m’étais éloigné du sport il y a 5 ans, je n’aurais pas vécu ça aujourd’hui. Je veux encore vivre d’autres jours comme celui-ci, je serais donc de retour sans fautes l’an prochain.”

Kelly a laissé échapper le titre mondial de peu. Il ne pouvait pas repartir sans une victoire à Pipe - ASP/Cestari

Peu avant, Slater avait éliminé Parko en demi-finales et Sebastian Zietz en quarts. Soit le vainqueur du Pipe Masters 2012 et le vainqueur de la Triple Crown 2012. Deux performances laissant peu de doute sur ses intentions.

John John, lui, ne pouvait pas s’incliner dans son jardin, et l’a bien fait comprendre à travers son surf. Julian Wilson  en quarts, et Fanning en demi-finales en ont fait les frais. Même si le récent champion du monde, libéré d’une pression qui pesait depuis des semaines sur ses épaules, ne semblait plus avoir la foi pour entamer un nouveau combat. Résultat : 18,30 – 5,00 pts, un ticket pour les finales et une seconde Triple Crown !

Mick Fanning et John John Florence - ASP/Cestari

John John Florence décroche la Triple Crown

Et de deux. L’Hawaïen s’empare donc de la Triple Couronne pour la seconde fois en 2 ans. Un trophée qu’il convoitait depuis le début : “C’est ma seconde Triple Crown mais ça me fait bizarre. La première année, je n’y pensais pas vraiment. J’étais jeune et je m’éclatais. Cette année, j’ai participé à a Triple Crown en voulant la gagner, mais je ne pensais honnêtement pas avoir cette chance jusqu’à ce dernier jour à Pipe. Résultat : je suis motivé pour l’an prochain. Ca me bouffe de savoir que je suis passé si près de la victoire, mais je suis quand même super content”.

Malgré une bonne fin de saison, Jeremy Flores s'inclinera au R5 du Pipe Masters face à Miguel Pupo. - ASP/Cestari

Déception en revanche pour Jeremy Flores qui, éliminé en quarts face à Miguel Pupo, avait vu s’envoler ses espoirs de rajouter la Triple Couronne à son palmarès :“ Je n’arrive pas à croire que j’ai perdu cette série, la Triple Crown a toujours été un rêve, et je n’ai jamais été aussi proche de la remporter. Je suis désolé de ne pas avoir été à la hauteur, j’ai essayé…”

Hormis cette déception tricolore, ces phases finales à Pipe auront été un dernier jour grandiose pour clôturer la saison ASP World Tour 2013. Prochain rendez-vous : le 2 mars 2014 à Snapper Rocks pour le Quiksilver Pro Gold Coast. Une saison qui devrait être marquée par de profonds changements annoncés depuis plusieurs mois par ZoSea.

Le Top 34 ASP 2014 ainsi que les wildcards seront annoncés dans la journée.

video platformvideo managementvideo solutionsvideo player

Finale :
1 -
Kelly Slater (USA) 16.37
2 - John John Florence (HAW) 15.90

Demi-finales :
SF 1:
John John Florence (HAW) 18.30 def. Mick Fanning (AUS) 5.00
SF 2: Kelly Slater (USA) 19.63 def. Joel Parkinson (AUS) 14.84

Quarts de finale :
QF 1:
Mick Fanning (AUS) 17.03 def. Yadin Nicol (AUS) 16.90
QF 2: John John Florence (HAW) 16.77 def. Julian Wilson (AUS) 13.00
QF 3: Kelly Slater (USA) 18.80 def. Sebastian Zietz (HAW) 7.80
QF 4: Joel Parkinson (AUS) 12.83 def. Miguel Pupo (BR) 6.00

Round 5 :
Heat 1:
Mick Fanning (AUS) 12.00 def. C.J. Hobgood (USA) 10.50
Heat 2: Julian Wilson (AUS) 10.67 def. Nat Young (USA) 7.26
Heat 3: Sebastian Zietz (HAW) 16.60 def. Kai Otton (AUS) 4.33
Heat 4: Miguel Pupo (BR) 15.27 def. Jeremy Flores (FRA) 10.76

Plus de photos, vidés et heat analyzez sur http://www.vanstriplecrownofsurfing.com/billabongpipemasters2013

A bientôt 42 ans, Kelly Slater reste le maître incontesté sur Pipeline - ASP/Cestari

Miguel Pupo, tombeur de Jeremy Flores au R5 – ASP/Cestari

54ème victoire ASP pour Kelly - ASP/Kirstin

Publicite2

8 commentaires 
    rai - 23 décembre 2013 à 10 h 50 min

    @jibaldo: ma question appelait évidement à un débat et donc merci pour ta réponse ! ceci dit mon propos n’était pas de dire que « c’était mieux avant », ou que le surf mourra après Slater !!! Je tentais juste de lier les problèmes de scoring/compèt récents à l’hypothèse qu’il sera difficile de réinventer le surf après 20 ans de « règne » Slater, par crainte (de l’ASP donc) d’une baisse d’audience une fois le dossard au placard du champion exceptionnel qu’est Slater. Les humains ont besoin de mythes et j’ai fait une analogie avec d’autres activités où le retrait du mythe vivant a fait perdre une certaine visibilité. Idem Apple/Jobs (à voir)… Et donc admettons que ce qui est vrai pour l’escalade de compèt, le ski nautique après le retrait de Patrice Martin, le wind surf , ne sera peut-être pas vrai pour le surf qui est maintenant une activité bien plus enracinée au niveau des médias ; bien qu’en feuilletant l’Equipe on est encore loin du foot, qui réinvente ses champions régulièrement. Sur le reste d’accord avec toi, la tribu était présente avant et le restera après : les gens font du vélo avec ou sans les champions du Tour de France. Pour retourner au surf, j’ai commencé à surfer avant l’ère Slater et je surferais encore pendant longtemps, et je suivrais les compètes quand il ira en retraite du circuit mais je pense que bon nombre de surfeurs cesseront ; c’est donc juste une considération personnelle et je peux me planter. Donc je me demande avec toi : le surf est-il suffisamment mature pour continuer sur sa lancée après Kelly ? Kelly est-il encore le meilleur (en tous cas ce n’est pas Fanning), à l’instar d’un Valentino Rossi en moto GP, mais le fait qu’ils soient encore présents fait (selon moi) une très grosse différence… Pour finir en musique, le blues à la Muddy Waters ne remplit plus les stades (à part le Chicago Blues Festival), le rockabilly à la Elvis idem, j’aimais mieux le AC/DC de Bon Scott que celui de Brian Johnson, mais les ventes de Back in Black me donnent tort ;-) . Ou alors come dans la chanson des « Who » c’est juste un problème de « my generation »… Amicalement.

    Signaler un abus

    jui - 18 décembre 2013 à 11 h 55 min

    Nicol qui se fait voler par les juges qui ont une fois de plus avantagé fanning

    Signaler un abus

    Luc - 17 décembre 2013 à 14 h 25 min

    Si Kelly avait été sacré champion cette année, il est probable qu’il se serait arrêté et il s’en ait fallu de très peu!

    C’est peut être en France qu’il a laissé échapper le titre.

    Ce pipe masters et Fidji ont prouvé qu’il était encore roi.

    Signaler un abus

    Jeff - 16 décembre 2013 à 1 h 00 min

    Il n’est pas le world champ pour l’ASP mais il l’est assurément pour tous les amoureux du surf (à part peut-être quelques Australiens)…
    Quel engagement! Quelle maîtrise! Quelle classe! (Voir son ITW dans le post show). Ca fait des années qu’on le dit mais ce mec est vraiment hors normes!!

    Signaler un abus

      Carbone 14 - 16 décembre 2013 à 11 h 02 min

      Quelques australiens … et le magazine Stab Mag, qui ose dire que tous les pros et freesurfers pros voulaient voir mick gagner plutôt que Kelly, dans un article bien partial ou ils nous expliquent même ce que Kelly avait dans la tête (sont forts ces journalistes), et de nous dire que le seul le « mainstream » (c.-à-d. Nous pauvres mortels) était pour Kelly. Jolie preuve d’objectivité :) . Pourtant même Occy a reconnu après coup que, entre autres le 9.87 de Kelly en finale aurait dû être un 10. A peine 10 centièmes de plus que le 9.77 qui donne le titre a fanning, c’est n’importe quoi.

      Signaler un abus

        rai - 18 décembre 2013 à 15 h 59 min

        Jeff et Carbone14, je crois que vous avez pas mal résumé la situation… Kelly est le « Dieu » du surf. D’ailleurs « Dieu » est le surnom affectif que la plupart des grimpeurs donnaient à Patrick Edlinger/Edlinge. On peut essayer d’élargir la réflexion au wind avec R.Naish, à l’opéra avec la Callas, au rock avec Bon Scott, bref la mythologie moderne en qq sorte… Ce sont des individus sortis de la masse grâce à un talent exceptionnel jusqu’à en personnifier l’activité. Ils en sont les catalyseurs, les symboles, les ambassadeurs. Ils ont en commun le fait d’avoir sorti leur art du réseau des seuls initiés. La plupart ont été présent au bon endroit, au bon moment, avec les bons sponsors, les bons relais médias et un charisme hors du commun. Ceci ha poussé les gens à s’identifier à eux et à devenir adeptes de l’activité.
        Avec Kelly ce phénomène est surmultiplié, par son talent au top de la discipline, sa longévité (plus de 20 ans), sa capacité à se surpasser et nous surprendre (même si il a du faire ses armes dans les grosses vagues au fil des années), son coté propre sur lui, pas de scandales, une vie saine, pas de tatouages, pas d’alcool, bref un modèle pour une, deux, voire trois générations… En plus il est sympa et beau joueur et super disponible: voir son tweet de félicitations à Fanno (le tricheur). Par exemple rien à voir avec un Curren arrivé trop tôt et empêtré dans le fait de n’avoir pas bien choisi certaines relations, ou même d’un Andy Irons qui lui en est mort, Occy, Carroll, et même Dane Reynolds, du talent à gogo mais pas tous les clignotants au vert…
        En résumé Kelly est le produit phare, le directeur commercial & marketing, le patron du bureau R&D du surf mondial; mais surtout il produit du rêve comme s’il en pleuvait en particulier pour les 30/40/50 ans qui se sentent des gamins grâce à Kelly (souvenez-vous du lancement du tour « masters » pour les retraités du WCT, à 35 ans…, aujourd’hui ça fait rigoler (je ne sais pas si Quick a gardé sa ligne « masters » d’ailleurs)..
        C’est clair que l’ASP et l’industrie du surf toute entière est liée à Kelly comme Apple à Steve Jobs. Ça doit être évidement difficile pour les autres surfeurs de l’accepter. Edlinger était le Dieu du mainstream vertical et était ouvertement détesté par toute une partie du top mondial, et en particulier en France, va savoir pourquoi. En tous cas quand il est sorti des affaires l’escalade ne s’en est jamais remise, ni le windsurf après le retrait de Naish, ni l’opéra après la mort de la Callas, ni le rock après celle de Bon Scott.
        En bref, sans « Dieu », sans mythologie enracinée, c’est dur de rebondir. C’est, à mon humble avis une des clés de lecture des WCT de ces dernières années et en tous cas le challenge qui les attend, parce que ça va être super difficile de se réinventer une fois que « Dieu » aura laissé les juges à leurs petits problèmes ; en attendant « the show (business) must go on…

        Signaler un abus

        jibaldo - 19 décembre 2013 à 22 h 46 min

        Salut Rai

        Plein de choses intéressantes dans ce que tu dis mais certains points me semblent erronés.
        * Déjà signer la mort du rock à celle de Bon Scott, voilà une belle connerie. Le rock avait tout de même survécu à celle de Jimi avant et il a survécu à d’autres après. Et c’est faire bien peu de cas de groupes fabuleux post AC/DC.
        * Et c’est là où ton analyse me gêne, elle me semble bien réductrice et pour tout dire sur le mode « c’était mieux avant ». Autant dire que le foot s’est arrêté après Pelé, le basket après Jordan, le jazz après Parker, …
        * Comme toute passion, il me semble que le surf est plus le produit d’une culture que d’une identification à une personne (même si ça peut arriver). Si une personnalité nous touche, c’est que son art nous touche. Je pense que c’est le geste (que Slater magnifie pour le surf) qui nous pousse à devenir adepte.
        * Le surf se réinventera car il est un sport, un mode de vie. Quand je surfe, je pense pas à Kelly. C’est la vague qui produit du rêve. Et je pense honnêtement que les kids d’aujourd’hui n’en ont rien à branler de Fanning ou Kelly. Et franchement quand tu vois John John, Medina ou Julian Wilson, tu t’inquiètes pour la relève? Si le surf de compèt doit survivre, il survivra.

        Amicalement

        Signaler un abus

    shootthecurl - 15 décembre 2013 à 22 h 28 min

    L’ASP fini sur un super pipeline… trois moments forts pour ma part:
    - Le tube radical de Ziets contre Otton
    - La dernière vague de Mick contre Hogbood
    - Le 10 d’extra terrestre de Kelly contre Parko

    De plus des juges relativement règlos… bref du pur bonheur

    Signaler un abus