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Interview, World Tour

Michel Bourez : “il faut réfléchir sur le long terme pour assurer jusqu’à la fin”

Pression, enjeux, rivaux, matos, entourage : le Tahitien se livre au lendemain de sa seconde victoire de la saison à Rio...

Publié le 14 mai 2014

On en rêvait, Michel Bourez l’a fait : décrocher la seconde victoire de sa carrière – et de la saison ! – avant-hier soir à Rio au terme d’un parcours impressionnant. Après avoir fêté ça avec son entourage, et avant de repartir à Tahiti (où l’attend John John Florence pour scorer un joli swell sur Teahupoo), celui qui pointe à la 4ème place du classement provisoire a pris le temps de répondre à nos questions. Magnéto :

Alors, tu es redescendu depuis la victoire ?

Doucement, on profite tant qu’on peut (rires).

Mieux vaut être à Rio qu’à Margaret River pour fêter une victoire j’imagine…

En fait, c’est pareil, je n’ai pas besoin de beaucoup de monde autour de moi, juste de mes potes, des amis avec qui je traîne, ça me suffit.

‪Tu n’avais pas que des bons souvenirs avec le Brésil. C’est bon, tu es réconcilié avec la destination ?‬

C’est vrai. Mais Rio est vraiment une compétition qui peut être gagnée par n’importe qui sur le Tour. Ce n »est pas parce que tu as un nom ou que tu ne fais que des airs que tu peux gagner. C’est une épreuve sur laquelle il faut vraiment être complet.

On t’attendait plus sur de grosses vagues tubulaires, et c’est sur un spot « médiocre » que tu t’imposes une nouvelle fois. Comment tu expliques ça ?

La semaine avant l’épreuve, j’ai surfé un beach break à Tahiti pour essayer de vraiment me réhabituer à ce genre de vagues. Ne surfer que du reef, c’est bien, mais il faut penser à la compétition…

Quel a été le heat le plus compliqué pour toi pendant la compétition ?‬

La série contre Parko (round 5), parce que la dernière fois qu’on s’était retrouvés l’un contre l’autre il m’avait battu. C’est une toute petite revanche, mais ça m’a fait penser à la série qu’on avait eu ensemble l’an dernier en France. Il me fallait juste un 3,5 pts que je n’avais pas trouvé. Là, c’est lui qui avait besoin d’un 4 pts.

Et de deux pour Michel ! © ASP / Daniel Smorigo

Que s’est-il passé entre la saison dernière et celle-ci ? Tu sens qu’il y a eu un déclic quelque part ? ‬Une préparation, un entraînement différent ?

Au niveau de la préparation, oui, carrément. Je me suis mis au ju-jitsu avec Yannick Beven (l’ex-coach de Jeremy Flores, ndlr) et je pense que ça peut expliquer certaines choses. Je pense notamment que la philosophie du ju-jitsu m’aide beaucoup dans ma préparation physique et mentale. C’est exactement ce qu’il me fallait, ça m’apporte un bon équilibre.

Qu’est-ce que ça t’apporte de si particulier ?

C’est une approche très positive, ça donne la pêche, ça me donne confiance, il y a beaucoup de positif dans ce sport, comme le respect d’autrui et pas mal d’autres choses qui rentrent en compte.

Ça te fait du bien, ça te rend un peu moins nerveux en heat, ce genre choses ?

Exactement, je suis plus relax, je prends les séries comme elles viennent, je ne me mets pas la pression. Je surfe à mon niveau. J’essaie de faire ce qu’il faut, et de n’élever mon niveau que lorsque c’est nécessaire.

 « Il faut réfléchir sur le long terme pour assurer jusqu’à la fin »

Tu es 4ème mondial après Rio. Est-ce que tu ressens plus de pression maintenant, au regard des attentes de tout le monde sur le reste de la saison ?‬ Comment tu gères ça ?

Ben, je gère pas trop quoi (rires). Oui, j’ai gagné deux compétitions, mais il faut réfléchir et voir ça sur le long terme pour assurer jusqu’à la fin. Je vais essayer de ne pas trop changer mes habitudes et d’avancer comme ça, tranquillement.

Tu ne vas donc pas chambouler ton programme au vu de l’enjeu qui s’offre à toi ?

Non, même programme. On ne change pas une équipe qui gagne. C’est la première fois que j’arrive à ce stade et j’espère rester dedans jusqu’à la fin.

À l'image de ce tube backside, Michel Bourez aura su dénicher les bonnes vagues pour s'offrir sa deuxième victoire sur le tour © ASP / Daniel Smorigo

Quel va être ton programme d’ici Fidji ?

Je devais repartir sur Tahiti ce soir, mais je suis trop fatigué donc je vais décaler mon billet à demain, et ensuite passer du temps avec ma femme et mon fils. Je vais quand même m’arrêter à Los Angeles pour récupérer les planches pour Fidji chez Firewire.

Et donc, entraînement sur le reef à la maison ?

En fait, on n’a pas de spots à Tahiti qui peuvent rivaliser avec les vagues de Fidji. Il faut surtout avoir le bon matériel. Cloudbreak est assez unique, c’est une énorme gauche et il faut vraiment avoir le bon matos. Si j’ai les bonnes planches, je pense que ça va le faire.

« Kelly est toujours l’homme le plus dangereux sur le Tour »

Michel Bourez, en couv du Surf Session de mai actuellement en kiosque...

Tu vas essayer des boards différentes par rapport aux années précédentes ?

Oui, j’ai déjà commandé des Pyzel chez Firewire. C’est le shaper de John John et je sais qu’il a vraiment une bonne expérience sur ces grosses vagues puissantes avec le feedback de John John. Pour moi c’est vraiment positif. Il m’avait déjà fait mes planches pour Margaret et c’est avec ces planches que j’ai gagné. S’il me fait de bonnes planches pour Fidji il y a moyen de faire un bon résultat.

Quelle étape attends-tu avec impatience ?‬

Plus aucune maintenant (rires). Je suis content de mon année, ça fait plaisir, mais… je ne sais pas. Si je devais choisir, bien sûr ce serait Teahupoo, j’aimerais vraiment bien faire un résultat là-bas. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que cette année ça va être différent à la maison… en bien évidemment.

Qui est selon toi l’homme le plus dangereux cette année sur le Tour ?‬

C’est toujours Kelly. Il faut toujours faire attention à lui. Il va être dangereux sur les prochaines destinations du calendrier. Fidji, c’est sa compétition. En gros, elle a été faite pour lui. C’est toujours le plus dangereux de tous pour moi.

On a de nouveau beaucoup vu Philippe Malvaux à tes côtés. Parle-nous de sa présence et de ce qu’il t’apporte en tant que coach, et même au-delà de ça au fil des années.

c’est toujours bien d’avoir Philippe à mes cotés, je le respecte beaucoup. Déjà, c’est un surfeur, il sait donc exactement de quoi il parle. Il véhicule aussi de bonnes vibes, ça fait plaisir d’avoir un mec comme ça à ses côtés, c’est pratiquement la famille qui voyage avec moi. Avec mon entourage, je sais ce que j’ai à faire, c’est plus facile quand ils sont là, pour demander des conseils, ce genre de choses. C’est toujours bien d’avoir des mecs comme Philippe ou Yannick à mes cotés.

Michel soutenu - dans tous les sens du terme - par Philippe Malvaux - ©Ryan Miller/Red Bull

Le retour de JBay sur le calendrier, c’est une bonne nouvelle pour toi ?

oui c’est une bonne nouvelle. J’étais déçu qu’il suppriment Keramas (où Michel a terminé 2ème l’an dernier) mais j’étais très content qu’ils remettent JBay au calendrier. Encore plus content que lorsqu’ils avaient annoncé l’arrivée de Keramas il y a 2 ans. JBay, c’est vraiment la compète rêvée pour un regular.

Tu te fixes un objectif particulier pour le reste de la saison ?

Oui, mais pour la prochaine épreuve. Si tu regardes mes résultats depuis le début de la saison, j’ai fait un mauvais résultat, puis j’ai gagné, puis encore un mauvais résultat avant de gagner de nouveau. Le prochain objectif, c’est de faire un bon résultat à Fidji. Si je peux faire minimum un quart de finale, ce serait parfait pur moi.

Interview : @romainferrand

Prochaine épreuve : Fiji Pro, du 1er au 13 juin 2014.
Le tableau du 1er tour est tombé ce matin. Michel Bourez affrontera Felipe Toledo et Tiago Pires (Jeremy Flores tombera de son côté contre John John Florence et CJ Hobgood)

©TrevorMoran/Red Bull

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