Pourquoi Benjamin Sanchis n'est-il pas nominé pour le "Biggest Wave Award" ?

Big Wave - La vague de Sancho à Nazaré n'a pas été nominée parce qu'elle ne répondrait pas aux critères. Débat...

Par Romain Ferrand - @romainferrand - mardi 31 mars 2015 à 09h27
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Le ride historique de Benjamin Sanchis en décembre dernier à Nazaré ne figure pas parmi les vagues nominées pour les WSL Biggest Wave Awards car il ne correspondrait pas aux critères (plutôt flous) de la compétition... Le Landais pourrait apparemment se consoler en étant nominé pour le Wipeout Of The Year. 
Difficile de se satisfaire de ça au regard de l'exploit, et surtout de ce qui s'est déjà passé dans les annales du contest des XXL Big Wave Awards.

Et le cas Nathan Fletcher alors ?

Malgré cette vague démentielle, Sancho ne remportera pas le “WSL biggest wave award”. Chose désormais certaine puisqu'il ne fait pas partie des cinq nominés pouvant prétendre au titre. En fait, la vague de Sancho ne rentre tout simplement pas dans les critères de la WSL selon lesquels “la récompense revient au surfeur qui, par tous les moyens possibles (jet-ski, rame, ndlr) prend et ride avec succès la plus grosse vague de l'année”. Avec succès = jusqu'au bout dans le cas présent. Or, Sancho chute aux deux-tiers voire aux trois-quarts de sa vague et n'est donc pas éligible. Soit...

Mais à ce moment, pourquoi Nathan Fletcher a-t-il, lui, remporté le Ride Of The Year ET le Monster Tube Award en 2012 avec cette vague mutante surfée quelques mois plut tôt à Teahupoo (voir vidéo en bas de page), et qui s'est terminée en wipeout d'anthologie (aucun award pour celui-ci au passage) ?

La décision de la WSL concernant la vague de Sancho peut être validée comme contestée à l'infini (long débat à ce sujet au sein même de la rédac de Surf Session) et soulève une question vieille comme le surf : à partir de quand considère t-on une vague comme réussie ? Lorsque le surfeur quitte la vague ? Lorsque la vague ferme ? Sur une vague comme Nazaré, il parait extrêmement difficile de dévaler complètement la pente de la vague, c'est même quasiment impossible si celle-ci mesure une trentaine de mètres. D'où la nécessité de redéfinir clairement - et rapidement - la notion de ride aux yeux des organisateurs des XXL Awards.

Maigre consolation

Sancho n'a pas tout perdu, puisqu'il devrait tout de même se voir nominé dans les prochains jours pour les Awards 2015 dans la (non moins prestigieuse) catégorie des Wipeouts Of The Year (qui récompense la plus belle boîte de l'année, un titre auquel il peut largement prétendre). Très bien. Mais le Landais méritait mieux que ça, car difficile de réduire  son ride à Nazaré à une simple chute. Une chose est sûre, sa vague reste à ce jour (et selon de nombreux experts) la plus grosse jamais surfée.

Heureusement, il reste un peu de bleu, blanc, rouge dans la liste des nominés puisque le Tahitien Matahi Drollet, 16 ans, est en compétition pour le Tube Award, suite à un barrel monumental à Teahupoo... La cérémonie des XXL Awards aura lieu le 1er mai.

La vague de Nathan Fletcher :



Retour en arrière : le 11 décembre 2014, à Nazaré (Portugal), le Landais, tracté par son pote Eric Rebière, s'élançait sur ce qui peut être aujourd'hui considéré comme la plus grosse vague jamais surfée. Un mur d'eau estimé à 100 pieds, soit près de 33 mètres. Pourtant, l'exploit a failli virer au drame lorsque, aux trois-quarts de la vague, un énorme clapot lui fait perdre son équilibre et le fait chuter juste sous le curl, avant de ricocher et se faire littéralement exploser. Grâce à sa préparation physique, mentale et ses deux gilets de survie, Sancho parviendra à remonter à la surface avant d'être récupéré in-extremis par son pilote.

> Lire : le récit exclusif de l'incroyable vague de Sancho à Nazaré

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COMMENTAIRES (2)
zed - le 01/04/2015 à 16:02
Etonnant... ou pas.

le surf est, n'en déplaise aux suceurs de boules anglo-saxonnes, un sport sous domination anglo-saxonne. On les sait condescendants envers les latins, notamment les brésiliens et... les français ("caniches efféminés" disait Barton Lynch).

Il faut avoir une bonne temi-tonne de guano dans chaque œil pour ne pas voir le 2 poids 2 mesures, y compris sur le WSL : voir la sanction de Florès l'année dernière, du jamais vu... et la mansuétude infinie des mêmes anglo-saxons envers les hawaiiens (Freddy P. méritait quelque chose même si le gars est excellent à tous points de vue, au regard des règles asp)et les blondinets anglo-saxons. Jérémy s'est juste fait mettre au gravier l'année dernière et cela n'a rien de chauvin de le dire.

Alors un Sanchis qui prend la plus grosse vague du monde -de tous les temps- même pas nominé (s'il l'était il gagnait, voilà la raison)c'est NORMAL. Un français, caniche efféminé qui en de plus grosses que les hawaiiens : pas possible.

Autre chose : où sont les commentateurs ? Ce qui vous intéresse c'est pourrir de la Johanne Defay, gloser sur des strings, mais pas ce sujet des plus importants (surfistiquement parlant) ?

Au secours !
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Olivier - le 02/04/2015 à 00:41
Sancho est hors-normes, habite par une passion devorante et gonfle par une amitie sans faille qui lui ont permis l'engagement total sur cette vague qui marquera l'histoire du surf. Besoin d'un award de la surf industrie? Certains diraient "Eddie would go", moi je dis "Sancho did it!". Respect.
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