[How to] Préparer son surf trip à vélo

Conseils - Cruiser le long des côtes françaises au rythme langoureux de votre coup de pédale, un défi sportif et aussi un super moyen de redécouvrir paysages et spots. A votre tour ?

Par Romain Ferrand - @romainferrand - jeudi 7 mai 2015 à 17h35
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Si Arthur Bourbon et Laurent Gaden ont récemment remis au goût du jour le surf trip à vélo (voir vidéo et Surf Session 328), d'autres s'y sont collés avant eux, partant à la recherche de vagues à la seule force des mollets. Et tout ce petit monde semble avoir fait des émules, d'autres pédaleurs en herbe projetant déjà de se jeter à l'aventure prochainement sur nos belles routes de France avec la planche à l'arrière.

Avant de vous lancer, voici quelques conseils pratiques pour réussir son périple sans finir à plat !

MATÉRIEL :

- Le vélo :

Robuste, simple, confortable et pas trop lourd sont quelques caractéristiques incontournables à avoir en tête au moment de choisir le vélo qui vous accompagnera au fil des kilomètres. Les différentes pièces maîtresses (dérailleur, pédalier, rayons, système de freinage) doivent pouvoir résister à une utilisation intensive (plusieurs heures par jour), continue (sur plusieurs semaines) tout comme à des conditions atmosphériques éprouvantes (pluie, grosse chaleur, air marin, sable) et à une surcharge en bagages (notamment les roues). Le choix du matériau (titane, carbone, alu, acier) influencera le poids du vélo, sa rigidité, son rendement sur la route mais aussi, et surtout, son prix ! Et ça va vite. Entre un vélo d'entrée de gamme chez une grande enseigne sportive et un vélo de marque spécialement conçu pour la randonnée, les prix s'envolent, du simple au décuple, de 400 à 5 000 € ou plus. “On a pris un modèle grand public assez basique dans un magasin de sport”, indique Arthur Bourbon, satisfait de son choix. Une autre solution est de composer son vélo pièce par pièce. A vous de trouver le juste équilibre en sachant que bien souvent la simplicité est la meilleure des solutions.

--> Les éléments clés :

• La selle : large ne veut pas dire confortable. A tester pour approuver. Arthur : “J'ai changé la mienne pour plus de confort”.

• Les freins : à disque, un peu compliqué en cas de problème, ou V-Brake, simple et efficace.

• Les vitesses : trois plateaux pour affronter montée (très) lente et descente rapide.

• La béquille : pratique mais parfois compliqué vu le poids du vélo.

• Les pneus : crampons pas indispensables si vous restez sur le bitume. 26 ou 28 pouces.

• Les rayons : un montage en 36 rayons assurera solidité et robustesse à vos roues.

• Le cadre : préférer l'acier, rigide, à l'alu, plus léger mais aussi déformable.

• Fourche rigide recommandée, pas de suspensions (perte d'énergie).

Arthur Bourbon, son vélo et sa planche, un trio sur les routes. © Gaden

- Bagagerie :

Pas simple de transporter sa maison sur un vélo. Sacoches à l'arrière, à l'avant, gourdes, votre fidèle destrier a vite fait de ressembler à un baudet empoté. Premièrement, limitez-vous ! Préférez un tube de lessive à d'innombrables tenues de rechanges et faites sécher au vent. Non seulement vous gagnez en place mais aussi en poids... Et dites-vous bien que tout ce que vous emmenez, vous le déplacerez à la force du mollet. “Le moindre kilo, tu le ressens dans les cuisses”, confirme Arthur, dont les jambes s'en souviennent encore... En étant raisonnable, toutes vos affaires (vêtements, matos de bivouac, photo...) doivent pouvoir se loger dans les sacoches à caler autour du porte-bagages (sauf si vous partez en autonomie sur une longue durée). Arthur : “J'avais regroupé tous mes vêtements dans une seule sacoche pour simplifier”. Quant au sac à dos, c'est à éviter : ça tient chaud et fait mal au dos à la longue. En revanche, c'est bien de prévoir un petit sac pour emmener ses affaires de valeur quand on s'éloigne du vélo : “J'en avais sanglé un sur mes sacoches avec tout mon matos photo/vidéo, objets de valeur pour l'emporter avec moi facilement”.

- La remorque :

En complément ou carrément à la place des sacoches, la remorque s'avère indispensable si vous emmenez une board. Elle permet aussi de ranger ses affaires et de soulager le vélo de quelques kilos. La remarque permet également de se débarrasser facilement de son barda pour faire un tour sans sa maison. De 4 à 7 kg, compter 300 € pour s'équiper. “Ça coûte assez cher”, explique Arthur, “mais c'est mieux d'éviter les modèles d'entrées de gamme. La dernière chose que tu veux, c'est de te retrouver avec une galère matériel au milieu de la route...”.

Voilà ce à quoi vous ne voulez pas que votre vélo ressemble. Du moins si vous comptez faire plus de dix bornes par jour...

ENTRAINEMENT :

Comme pour le surf, les heures passées à rouler seront toujours payantes. Avant toute chose, une condition physique correcte est recommandée. Si le terrain est plat, tout ira bien pour une personne un tant soit peu sportive. Si la route s'élève, les premières montées ont de quoi surprendre. Quelques séances d'entraînement, même sans les bagages, sont alors indispensables pour s'habituer à cet effort. “On avait fait Biarritz-Hossegor une fois pour voir mais on a suivi aucun entraînement particulier. J'avais même jamais réellement fait de vélo en tant que sport...”, confie le surfeur guadeloupéen. Les sports d'endurance (course à pied, natation) sont des valeurs sûres pour se faire la caisse, même si les muscles sollicités ne sont pas les mêmes.

RYTHME :

On n'est pas sur le Tour de France, le but dans un surf trip à vélo n'est ni d'être rapide ni de passer la journée le cul vissé à la selle. Explorer, faire des détours, surfer, discuter, manger, faire des courses, apprécier les paysages seront autant d'entorse à un rythme métronomique aussi ennuyant qu'une étape de plaine commentée par Jean-Paul Ollivier. Trouver le bon rythme, celui qui permet d'avancer et de durer sans s'user demande plusieurs jours, histoire de s'habituer à cet effort longue durée. “C'est vraiment dur les premiers jours. On se motivait l'un l'autre pour pas craquer mais j'ai eu des moments difficiles. Ce genre d'effort endurant était une première pour moi mais on prend vite le pli”, avoue le néo-cycliste. “Et puis c'est finalement un effort assez agréable. Tu déconnectes, entres dans une sorte de méditation, plein de choses te traversent l'esprit, tu prends le temps de tout regarder.”

Tout dépend aussi du terrain sur lequel vous vous aventurez. Montagneux avec du dénivelé positif, une soixantaine de kilomètres quotidien suffit à fatiguer l'organisme. Sur ces terrains, les moyennes horaires sont plus basses et les ascensions se font à très faible allure, plombées par la surcharge de bagages. Sur un terrain vallonné, les journées à quatre-vingt bornes sont envisageables alors que sur du plat, on peut atteindre les cent bornes. Quatre à six heures de vélo par jour font l'affaire pour boucler les kilométrages ci-dessus. Les meilleures heures pour rouler sont le matin, à la fraîche. Il est toujours plus agréable de grouper les heures de vélo plutôt que d'avoir à repartir sans motivation après un long break. Penser également à prévoir des jours off ou des demies étapes pour se ménager, vous et votre vélo. Arthur : “On est parti 19 jours et avons roulé un jour sur deux, en fonction des conditions de surf. On roulait quand c'était pourri, une centaine de kilomètres dans la journée”.

Un facteur très important est le vent. De face, il peut vous pourrir la vie et vous faire regretter d'avoir envisagé un trip à vélo. A deux ou plus, rouler en file indienne permet à celui qui “suce” la roue de s'abriter. Évidemment, il est de bon ton d'alterner, chacun luttant un temps contre le vent, un exercice éprouvant physiquement et mentalement.

Sur les routes californiennes, les montées viennent pimenter le trajet de Dan Malloy. ©slowisfast

MATOS A EMPORTER :

- kit de réparation (clés, pinces, rustines...)

- chambres à air

- pompe à vélo

- vêtements de pluie

- matos de bivouac

- pharmacie

- cuissard (“Ne pas lésiner la dessus”, prévient Arthur !)

Poids max : 25 kg/personne

LES GALÈRES LES + FRÉQUENTES :

- crevaison

- accident de la route

- pépin mécanique (rayon cassé, dérailleur grippé...)

LES PLUS D'UN TRIP A VÉLO :

- des mollets en acier

- un rythme parfait pour apprécier les paysages

- parking aisé

- curiosité des gens : “L'accueil est excellent. Les gens hallucinent, encore plus quand on arrive avec une planche de surf. Même sur les spots, les gars sont chaleureux, trippent avec toi, comme si tu avais mérité d'être là.”

- redécouvrir sa propre région : “On a pris des routes que je connaissais en voiture mais j'ai vraiment vu les choses comme jamais.”

LES MOINS :

- mal aux fesses

- mal aux jambes

- bronzage agricole

- animosité des chiens !

- encombrement parfois usant

Voilà de quoi envisager un peu plus sereinement et de façon pratique votre prochaine expédition cylotouriste le long du littoral, français ou plus exotique. Certains ont déjà pris la poudre d'escampette, comme Ludo et Soléane pour leur ambitieux projet Cycl'océane, qui associe à la découverte une campagne de sensibilisation écologique. A vos cuissards, les routes vous attendent et, si tout va bien, votre trip pourrait ressembler à celui-là :



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COMMENTAIRES (2)
Basile CHAMORD - le 11/05/2015 à 14:40
L'accessoire parfait pour mener à bien ce genre de trip, la Dromahc!
Moultes fois testée et tout le temps approuvée!
www.dromahc.com
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darwinstan - le 18/11/2016 à 15:37
Comment faire pendant les sesions. Pour que le vélo mais surtout les affaires et bagages soient en sécurité
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