Margaret River décrypté

Focus Spot - Zoom sur une étape encore peu documentée du CT : le Drug Aware Margaret River Pro.

Par Surf Session - @surfsessionmag - lundi 13 avril 2015 à 13h19
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À 300 bornes de Perth, la petite ville de Margaret River et ses 4 500 âmes vivantes à l'année est devenue depuis deux ans un stop incontourable de la saison WCT, après la Gold Coast et avant le Victoria (Bells Beach), faisant de l'Australie le pays le plus représenté sur ce circuit mondial avec trois étapes consécutives. Plus exactement, l'épreuve de Margaret a hérité d'une promotion, passée de WQS à WCT.

Un bled au surf exceptionnel 

Pour l'immense majorité des surfeurs voyageurs, cette pointe sud-ouest de l'Australie demeure une inconnue, rarement visitée, au profit du littoral oriental. Pourquoi ? La distance, premièrement, alors que 4 000 kilomètres de route séparent Sydney de Perth, la capitale de l'Australie-Occidentale (on lui préférera l'appellation « West Oz », mate), le plus grand état du pays pour seulement 10 % de la population.

Aube sur Margaret River

Et pourtant quelle région de surf ! La fréquence, la consistance, le climat de cette zone en fait une des plus denses en spots de qualité de toute l'Australie. Point central de cette communauté surf, Margaret River est le passage obligé avant de rayonner sur les spots alentours.

Site de base du WCT, le pic principal de Surfers Point (appelé aussi Main Break) est le plus consistant de toute la zone, fonctionnant de 1 à 5 mètres, avec la particularité de déferler aussi bien en gauche qu'en droite, même si cette dernière se met à fermer à partir d'une certaine taille. Mais, à taille petite-intermédiaire, la droite est la meilleure option, plus « juteuse » et offrant à l'occasion un tube sur la première section. Si le reef en basalte et calcaire ne présente pas de danger particulier, c'est souvent par manque de méfiance justement qu'il est possible de finir les dérives au sec à l'inside, alors que la couleur de l'eau ne trahit pas la présence de la roche à une poignée de centimètres sous la surface.

Tyler Wright, vainqueur en 2016

Du spot de repli à la pelle

Pour les compétiteurs du WCT, « Marge » n'est pas vraiment le spot le plus excitant du calendrier... Qui dit reef ne dit pas forcément vagues parfaites, et à ce titre, Surfers Point brille par son manque de régularité. Sections qui ferment, lecture de vague hasardeuse, les écueils sont nombreux et le facteur chance joue plus qu'ailleurs. Mais Margaret River possède une botte secrète, enfin plus exactement... une Box.

Au nord de la baie, à l'extrémité droite de la plage, un autre reef bénéficie d'une toute autre exposition depuis plus de 20 ans. The Box est un slab, une vague de dalle, qui doit aussi bien son nom à la forme carrée de son tube qu'aux boîtes essuyées par les courageux qui s'y frottent. Site de repli du Drug Aware Pro, The Box peut faire passer la compétition d'un soporifique concours de cut-backs à une orgie de barrels bien gras.

Comme sur de nombreux slabs de la même espèce, le take-off doit se négocier « backdoor », à savoir derrière le pic qui jette. C'est la seule façon d'éviter de se retrouver dans le vide, emporté par la lèvre. Violente, la vague offre à taille "humaine" un premier barrel béant alors que la houle heurte la dalle. Selon la direction de la houle et lorsque celle-ci forcit encore, la vague prend en épaisseur et en largeur plus qu'en hauteur. Une seconde section peut alors apparaître alors que le surfeur se trouve toujours dans le barrel, provoquant une marche qui tend à le piéger trop haut sur la face, l'expédiant pour un combo ascenseur-machine à essorer.

Petit souci pour la déroulement d'une compétition, The Box ne marche qu'à marée (très) haute : difficile d'y lancer plus de 3-4 heures de séries...

Joel Parkinson à The Box lors de l'édition 2014 (Photo : WSL/Kirstin)

L'année dernière, un second spot de repli était envisagé : North Point, une vague qui fait les beaux jours des vidéos, mais jamais vue sur un contest de cette envergure. Situé à une douzaine de kilomètres au nord de Margaret, North Point offre une droite folle, un tube façon TGV qui avale tout sur son passage, avec la possibilité de réaliser des airs stratosphériques lorsque le vent de sud (cross-shore) s'engouffre sur la face. Néanmoins, la WSL n'avait pas trouvé nécessaire de s'y déporter en 2016. 

Joel Parkinson à The Box lors de l'édition 2014 (Photo : WSL/Kirstin)

Côté météo, le topo est plutôt simple, puisqu'avec une façade littorale orientée ouest, Margaret est exposée aux houles d'ouest/sud-ouest nées dans les Quarantièmes Rugissants, le tout dans une eau qui varie entre 14 et 20° à l'année. Si le swell se montre plus souvent fat que mini en West Oz, malheureusement cette exposition va de paire avec des vents soutenus une bonne partie de l'année aussi...

Après un début de saison tout feu tout flamme, où Gabriel Médina veut sa revanche face à JJF, l'arrivée d'un Joan Duru ultra motivé sur le Tour, le retour prometteur d'Owen Wright et celui tant attendu de Mick Fanning, Margaret s'annonce à point pour observer un surf de rivalité dans de grosses conditions. Début des hostilités prévues ce mercredi 29 mars. 

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COMMENTAIRES (1)
joulian - le 13/04/2015 à 14:44
Sharky?
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