Pourquoi le Nose Guard a disparu de nos planches ?

Matos - Où est passé ce petit accessoire conçu pour nous protéger des dangers réels du nose ?

Par Surf Session - @surfsessionmag - samedi 6 août 2016 à 08h00
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Le surfeur accorde-t-il tellement d'importance à son style qu'il en vient à négliger sa propre sécurité ? Il faut croire que oui. Alors que la plupart des sports extrêmes mettent l'accent sur la prévention et la protection de ses usagers, le surf, lui, a fait marche arrière ces 20 dernières années. La preuve : sur les pistes de ski, le casque s'est démocratisé en quelques années et équipait plus d'un tiers des adultes en 2014. Même chose dans les skateparks ou casques et protège poignets, coudes ou genoux sont désormais légion.

Pendant ce temps le surfeur, lui, boude toujours les équipements de sécurité. A commencer par le casque (ce qui peut se comprendre : il est bien plus contraignant de surfer que de skier avec un casque).

Mais ce même surfeur a également abandonné un accessoire que l'on trouvait pourtant sur de très nombreuses planches dans les années 90 : le nose guard, petit bout de silicone en forme de “v”

inversé ou de losange, collé sur le nose des shortboards pour limiter les chocs en cas de collision.

PERDUE DE VUE

On ne compte plus les couvertures des Surf Session des années 90 sur lesquelles le surfeur arborait un noseguard sur sa planche (voir photo). Essayez maintenant de vous souvenir de la dernière fois que vous en avez vu un au line-up. Au fil des années, le nose guard a progressivement disparu de nos planches, puis de nombreux surfshops. Comment expliquer cette surprenante tendance ?

Pour Guillaume Barucq, médecin, surfeur et à la tête du blog surfprevention.com, “le surf est le dernier sport de glisse à ne pas vouloir se mettre à la sécurité, et ce notamment parce que les marques ne veulent pas en parler”. Et le constat est flagrant : “Dans les années 90, les marques de nose guards n'hésitaient pas à illustrer leurs pubs d'images un peu gores pour faire passer le message. Aujourd'hui, ces pubs ont disparu. Et on parle trop peu des incidents liés au nose, et au danger que représente une planche en général, donc les gens ne s'imaginent pas les risques auxquels ils peuvent s'exposer dans les vagues”.

OEIL POUR OEIL, NOSE POUR NOSE

Et les risques sont bel et bien réels. Tapez “surf+nose+guard+injury” sur Google et vous en aurez la preuve par l'image. Une étude menée par Guillaume Barucq sur l'accidentologie liée au surf fait apparaître que 3/4 des blessures sont causées par sa propre planche. Si 65% de ces accidents sont causés par les dérives, le nose représente une part non négligeable (environ 30%) du reste. Comme pour le port du casque, on peut comprendre les réticences à s'équiper de dérives souples (malgré l'existence sur le marché de modèles “performance”).

Mais pourquoi se priver d'un accessoire comme le nose guard qui n'altérera en rien notre glisse ou notre confort à l'eau mais pourrait nous éviter un séjour à l'hosto ?Pas une saison ne se passe sans que le nose ne cause de graves accidents sur la Côte Basque. C'est statistique, des surfeurs se blesseront encore cet été, faute de protection” déplore Guillaume Barucq qui a fait de la sécurité à l'eau son cheval de bataille.

Le surfeur toubib rappelle que, comme Derek Hynd ou Jack O'Neill, des anonymes ont perdu un oeil à cause de leur nose, et que d''autres se sont faits défigurer ou scalper. Il se souvient aussi de cette surfeuse qui avait eu l'artère fémorale perforée à travers la combinaison sans que celle-ci n'ait pourtant été percée. “On sous-estime le pouvoir blessant du nose” martèle le bloggueur qui ne compte plus les surfeurs qu'il a soignés dans son cabinet ou aux urgences : “Ils font les durs dans l'eau, mais il faut les voir quand ils se blessent. Comme souvent, il faut attendre l'accident pour prendre conscience du danger”.

D'ailleurs, G. Barucq a travaillé sur un prototype de planche “non vulnérable” incluant un nose intégré mou ou arrondi : “même Kelly l'a dit, un nose pointu ne sert à rien” rappelle l'intéressé qui travaille en ce moment sur un autre projet de planche porté par le récent regroupement Ocean Living Lab et OceanTech.

NOSE REVIVAL

Le nose n'a pourtant pas complètement disparu de la circulation. Si bon nombre de surfshops n'en proposent désormais plus faute de demande, le petit embout de plastique est encore facilement trouvable en ligne. Avec au choix le traditionnel NoseGuard© (en “V” inversé” à 19€ chez HawaiiSurf), le Diamond Tip (23€) en forme de diamant, des noses larges adaptés aux longboards... le tout disponible dans de nombreux coloris, puisque tout au lineup semble être question de style. Le fantaisiste nose en forme de sirène, en vogue dans les 90's, n'y a d'ailleurs pas survécu.

Mots clés : nose, guard
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COMMENTAIRES (2)
Olive - le 07/08/2016 à 22:59
Les shapers et les robots n ont qu à faire des noises plus rond ....ça serait bien aussi .ca évitera déjà pas mal de blessure les noises tout point une servent à rien....
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RD - le 11/08/2016 à 10:11
Bonne question... quant au casque la WSL devrait l'imposer au Pipe ou à Tchoppo... Une question : Owen Wright, victime d'une grave commotion cérébrale, serait-il encore "opérationnel" s'il avait porté un casque ? Curieux que personne ne se soit interrogé... Personnellement, en windsurf j'ai failli y passer dans mon adolescence à cause d'un collision ultra violente dans de grosses conditions de vent et de vagues (j'ai brisé une planche en sandwich en 2 avec mon crâne : traumatisme crânien, perte de connaissance dans l'eau, sauvé in extremis de la noyade par un pote-merci mon frère- qui passait miraculeusement par là, puis une crise d'épilepsie dans le camion des pompiers et un coma de 5 heures duquel j'aurais pu ne jamais me réveiller, puis 15 jours d'hosto et une amnésie partielle durant des mois).. après ça j'ai porté un gath et il m'a sauvé une fois d'une rencontre avec mon mât un jour où le vent avoisinait les 45 nœuds.Et cela n'a rien à voir avec le niveau puisque j'étais un windsurfer(de vagues) de très bon niveau, sponsorisé... Bref la question de la sécurité minimale dans les sports de glisse devrait être posée plus souvent.
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