L'ASP World Tour en Français à la télé

Petit écran - Commentateurs des épreuves World Tour sur la chaîne MCS Extreme, Franck Lacaze et Baptiste Levrier nous ouvrent la porte de leur cabine...

Par Romain Ferrand - @romainferrand - lundi 7 juillet 2014 à 11h20
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L'ASP boude les commentaires en Français des épreuves World Tour ? Pas grave. Pour ceux qui l'ignorent encore, la chaîne française MCS Extrême retransmet depuis 18 mois la totalité des épreuves, avec deux experts au micro : Franck Lacaze et Baptiste Levrier.

L'un a été rédac-chef du mag Trip Surf et commentateur d'épreuves comme le Quik Pro France. Il livre depuis le début de la saison sur surfsession.com de savoureux billets après chaque épreuve World Tour. L'autre a également aussi été journaliste à Trip Surf, et collabore régulièrement avec le mag et le site Surf Session.

Le duo nous raconte les débuts de l'aventure World Tour sur MCS, leur manière de travailler avant et pendant chaque compétition, et même un peu plus :

Quand a commencé l'aventure ?

Baptiste : On a commencé ensemble sur le O'Neill Coldwater Classic à Santa Cruz en 2012. Un bon souvenir puisque Jérémy Florès et Michel Bourez se sont affrontés en quarts de finale (Michel perdait ensuite en demies, ndlr). C'est toujours plus agréable, pour nous comme pour les téléspectateurs, de suivre les surfeurs français loin dans la compétition.

Comme vous organisez-vous avant la compétition, et à l'antenne ? Chacun a-t-il sa spécialité ?

Baptiste : C'est assez intuitif… Franck est plus technique que moi et je sais que je peux le lancer, par exemple, sur le décryptage d'une manoeuvre. Ma préparation consiste simplement à suivre l'actu surf de près pour bien connaître les surfeurs. En revanche, on est tous les deux assez mauvais pour anticiper les notes des juges…

Franck : Chacun son boulot. Laissons faire les juges, même si nous ne sommes pas toujours d'accord avec eux. Mais on n'est pas là non plus pour hurler au complot chaque fois qu'une note nous interpelle. Juste un soupçon de chauvinisme, rien de plus. Côté préparation, rien de particulier si ce n'est une mise à jour des résultats de chaque surfeur avant chaque épreuve et, bien sûr, un suivi assidu de l'actualité. Quant à la distribution des rôles, on dira que Baptiste est le journaliste et moi le consultant, même si ce n'est pas si tranché que cela…

Comment éviter les répétitions dans les commentaires sur une journée entière de compétition ?

Baptiste : On se répète forcément mais on essaye de le faire le moins souvent possible. On parle des spots, des surfeurs à l'eau, des prévisions…

Franck : Ne pas se répéter lorsqu'on reste onze heures à l'antenne - notre record - c'est difficile. Mais globalement, les éventuelles répétitions sont diluées dans le temps.

Comment tenir physiquement lorsque les compétitions se déroulent la nuit ?

Baptiste : Ça passe par pas mal de café. Et puis on finit par se caler sur le rythme après plusieurs nuits de travail : couché au petit matin, levé dans l'après-midi, au bureau dans la soirée. On fait aussi quelques pauses à tour de rôle.

Franck : Ce sont les heures au milieu de la nuit que sont les plus compliquées à gérer, surtout lorsqu'on commente des séries des premiers tours, pas toujours les plus enthousiasmantes… Style deuxième tour à Tahiti à 4h30 du matin avec 5 vagues surfées en 35 minutes. Mais comme le dit Baptiste, on finit par prendre le rythme à mesure qu'on avance dans le tableau et que l'enjeu se fait plus présent… Surtout si on a des Français !

"Le selfie à 3h00 du matin en plein Fiji Pro depuis notre poste commentateur parisien" - @F. Lacaze

Le pire souvenir de compétition que vous ayez commenté ?

Baptiste : Ça parait parfois long mais c'est vite oublié. Je me souviens quand même avoir souffert pendant le Fiji Pro 2013, avec un call repoussé d'heure en heure jusqu'au petit matin…

Franck : C'est clair qu'il n'y a rien de pire que les compétitions qu'on lance, qu'on arrête et qu'on relance - ou pas - avec des calls successifs. Côté conditions, le Brésil cette année restera quand même au sommet du palmarès des contests les plus infâmes. Je ne comprends pas comment cette épreuve à Rio reste au calendrier, d'autant qu'il y a des spots nettement plus qualitatifs au Brésil. Heureusement que Michel Bourez s'est imposé, c'est tout ce qu'on en retiendra dans quelques temps.

Votre meilleur souvenir à l'antenne ?

Baptiste : Les victoires de Michel Bourez récemment ont réussi à nous rebooster en plein milieu de la nuit ! La dernière journée du Pipe Masters 2013 était énorme aussi. C'était en soirée, avec du monde devant la télé, des enjeux, des vagues incroyables et une finale rêvée entre John John et Kelly.

Franck : Les succès de Michel évidemment, et Bali en 2013. Quelle compétition ! L'ASP serait bien inspirée d'y reposer ses valises à l'avenir. Et Fidji qui, quelles que soient les conditions, reste la compète la plus intéressante du WCT.

Comment obtenez-vous les infos en live ? Grâce aux réseaux sociaux, au webcast anglais ?

Baptiste : Depuis cette année, c'est beaucoup plus carré. On a le call officiel en même temps que tout le monde mais en général, en regardant attentivement les conditions, en fonction de l'avancée de la compétition et de la waiting period, on a une bonne idée sur le déroulé de la journée.

Y-a-t-il de l'interaction avec les téléspectateurs via les réseaux sociaux ?

Franck : On sait que de plus en plus les téléspectateurs ont un ordinateur, une tablette ou un smartphone à portée de main lorsqu'ils regardent leur télé, donc oui, on essaie de jouer l'interactivité à fond via la page Facebook de MCS Extrême notamment. C'est très enrichissant car cela nous permet de répondre aux questions les plus pertinentes qui nous y sont posées et/ou de citer rapidement les noms de certains de nos téléspectateurs. C'est toujours sympa d'entendre son nom à la télé, non ? Même si on ne le fait que brièvement…

Et il ne faut surtout pas oublier qu'à la TV -contrairement au Web- on s'adresse à des gens qui ne sont pas toujours spécialistes du surf et on se doit d'être un minimum pédagogues et vulgarisateurs. En cela, l'interaction via les réseaux sociaux est l'outil rêvé. Le meilleur compliment que je puisse recevoir vient généralement d'une connaissance qui n'y connait rien au surf et qui me dit qu'on a su l'intéresser grâce à nos explications. Là je sais qu'on a rempli notre mission.

La cabine de Franck et Baptiste. Loin, très loin des line-ups de Cloudbreak ou Teahupoo.

Êtes vous en contact avec la prod ASP pour savoir quand arrivent les pubs, les plateaux etc. ?

Baptiste : Assez peu, à part pour des détails techniques (son, réception de l'image).

Franck : On improvise pas mal au micro. Le plus compliqué est d'anticiper les éventuels sujets, micro-trottoirs, etc, que va nous proposer la réalisation qui est sur place et avec laquelle nous n'avons aucun échange en direct. À nous de juger si ce qui est relayé à l'antenne est suffisamment intéressant pour qu'on s'y attarde. De temps à autres, l'image bascule sur un plateau avec les animateurs ASP mais le plus souvent on occulte ce qu'il s'y raconte sauf s'il y a un invité intéressant. On s'adapte dans l'instant...

Diriez-vous que vous avez une plus grande liberté d'expression que les commentateurs ASP ?

Baptiste : Je ne sais pas à quel point les commentateurs ASP anglo-saxons sont bridés mais en tout cas on n'est pas obligé de dire, quelles que soient les conditions, que les vagues sont incroyables. On peut trouver que les vagues de Rio ne sont pas incroyables, qu'Adriano de Souza a un style parfois insoutenable ou à l'inverse s'emballer pour un surfeur. Après, on reste journaliste et à part soutenir les français, on est plutôt neutre.

Franck : Neutres, mais libres de commenter. Contrairement à nos confrères de l'ASP qui sont plus «mesurés», on n'hésite pas à dire que les conditions sont pourries là où ils lâcheront du bout des lèvres un «Challenging conditions» pour dire la même chose… Tout comme je n'hésiterai pas à dire que les styles d'Adriano de Souza ou Mitch Crews m'indisposent.

Je peux te dire pour avoir travaillé pour la majorité des marques qui produisaient les webcasts de contests du WCT que la liberté de ton est nettement plus large à la télé. On est moins les VRP de telle ou telle marque et davantage des journalistes libres de leur parole. Et ça fait du bien !

LE SURF SUR MCS EN CHIFFRES :

Les audiences des compétitions ASP World Tour figurent parmi les meilleures de la chaîne - aux côtés des étapes des Red Bull X-FIghers ou d'événements comme le FISE Montpellier et les X Games - avec en moyenne 30 000 téléspectateurs par jour lors des lives (source : Mediametrie/Numericable/MCS). C'est Rio (remportée par Michel Bourez) qui a été la compétition la plus suivie depuis le début de la saison 2014.

Retrouvez Franck et Baptiste sur MCS Extreme lors de chaque épreuve World Tour.

Prochain rendez-vous : le J-Bay Open, du 10 au 21 juillet (Jeffrey's Bay, Afrique du Sud).

MCS Extreme est disponible sur Canalsat (127) et Numéricable (153)

La vue sur le line-up parisien, depuis le toit des locaux de MCS - ©Franck Lacaze

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