L’hommage de Parko à son pote Andy

L'Australien a publié sur son blog un billet très émouvant sur la disparition de l'un de ses meilleurs amis. Traduction ici :

05/11/2010 par Romain Ferrand

« Wes (Wes Berg, le coach de Parko, ndlr)m’a appelé hier matin. J’avais 2 appels en absence de lui, je savais qu’il se passait quelque chose. Quand il a finalement réussi à m’avoir il m’a demandé si les enfants étaient à mes côtés. J’ai répondu que oui et il m’a dit qu’il serait mieux que je m’éloigne d’eux pendant un instant. Puis il m’a dit ce qui s’était passé. Je ne pouvais pas croire ce que j’avais entendu. Je suis devenu blanc et j’ai hurlé. Sur place. Puis je suis tombé en état de choc et suis resté comme ça toute la journée d’hier. Certains d’entre nous sommes allés au club de Snapper hier après-midi et avons bu quelques bières, pleuré et raconté des histoires sur Andy. On a parlé de notre voyage en Australie de l’ouest l’an dernier où on avait fêté l’anniversaire d’Occy. On avait surfé cette droite, juste Andy et moi à l’eau. Puis on a dormi tête-bêche dans une tente 2 places, et il s’est plaint tout le temps parce qu’il détestait camper. Il y a tellement de souvenirs qui me reviennent. Je me souviens avoir jouer à pile ou face avec une barre chocolatée au Japon avec lui pour savoir lequel de nous deux aurait la priorité lors d’une série ensemble en 2003. Mais ce n’est qu’un souvenir parmi tant d’autres… Il y en a des millions comme ça.

Je pense que je me sens moins bien aujourd’hui qu’hier. Je me suis réveillé ce matin et j’ai hurlé parce que c’était désormais vrai. Hier j’étais groggy après avoir entendu la nouvelle, mais je me suis réveillé ce matin et c’était vrai. Je ne le reverrai plus jamais. Je ne reverrai plus jamais mon ami. Il est parti. Je suis allé dans la salle de gym où Andy et moi avions l’habitude de nous entraîner, mais je ne pouvais pas me sortir ça de la tête. Je l’attendais pour passer la porte.

Je pense fort à tous les gars qui sont à Puerto Rico en ce moment. Ils me manquent dans un moment comme celui-ci, et ça doit être très dur pour les gars encore dans la compétition de devoir gérer la perte de leur ami et continuer à surfer. Ça craint pour eux, mais la compétition doit continuer. J’ai le sentiment que tout ça se passe tellement loin, et ça me manque vraiment d’être avec mes amis sur le Tour.

Je devais voyager avec Andy cette année. Avant que je ne me coupe le pied nous avions convenu que je voyagerais avec lui le reste de l’année, en Californie, en Europe et à Puerto Rico. J’allais voyager avec lui et Freddy (Pattachia, ndlr) et nous allions former une petite équipe et traîner ensemble. Et on parlait déjà de voyager ensemble l’an prochain et d’emmener les femmes et les enfants à Tahiti. La pensée de sa mort seul dans une chambre d’hôtel m’anéantit.

Comme surfeur, il avait ce côté « chien fou » en lui. Il n’avait peur de rien et exprimait ses sentiments. C’était le surfeur le plus émotif que j’ai jamais rencontré. Il avait cette incroyable agressivité dans son surf, et est devenu l’un des meilleurs. Je l’idolâtrais. Si Andy se focalisait dessus, rien ne lui était impossible sur une vague, et au fil des années je l’ai vu faire les plus incroyables choses sur les plus incroyables vagues. Kelly et lui ont tenu le surf à eux deux pendant les dix dernières années.

Quand j’ai eu Mick (Fanning, ndlr) au téléphone hier, je lui ai dit que je comprenais désormais mieux ce qu’il avait du ressentir lorsqu’il avait perdu son frère Sean, parce qu’Andy était comme un frère pour moi. Il était un de mes meilleurs amis. Vous savez ce que j’aimais chez Andy ? Il se souvenait de tout le monde. Il avait cette aptitude à se souvenir de visages et de noms de personnes qu’il n’avait pas vu depuis dix ans. Les gens comptaient pour lui, et il rendait tout le monde spécial. Tu n’avais pas besoin d’être un surfeur pro. Il a rencontré tellement de personnes au fil des années dans tous les endroits où il est allé, mais il se souvenait de leurs noms et avait du temps pour chacun d’entre eux. Il avait cette qualité. Il s’intéressait à la vie des gens. Peu importe qui tu étais. Il a beau être mort jeune, il a vécu sa vie à fond, et ce qu’il a fait en 32 ans aurait demandé 132 ans à la plupart des gens.

Mes pensées vont à Lyndie, son fils, Bruce, sa famille, son crew hawaiien et tout les gens qu’il a rencontré autour du monde.

Andy était un Roi. Un Roi du surf.

Je t’aime, mec.

Joel »

A retrouver dans son contexte original (en anglais) sur joelparko.com

Parko et Andy, West Oz 2009 – © Billabong


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4 commentaires

  • Nanaklein
    5 novembre 2010 20h37

    Ia maitai i roto i to oe tere raa hopea……..e te hoa

    Bonne route pour ton dernier voyage…l’ami

    Message de Tahiti….

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  • Nanaklein
    5 novembre 2010 20h18

    No comment !!!!!

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  • steve
    5 novembre 2010 14h26

    C’est tellement beau ce qu’il dit que j’ai envie de pleurer …

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  • Nekko
    5 novembre 2010 14h16

    poignant & triste

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