Andy Irons, acte II

Interview - Interview exclusive du triple Champion du Monde, réalisée fin août à Teahupoo, quelques jours avant sa victoire...

Par - @romainferrand -
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Rencontrer un triple Champion du Monde est toujours un moment intéressant. Rencontrer un surfeur sur le retour après un break d'un an l'est tout autant. Peu importe les rumeurs qui ont circulé sur lui ces derniers 18 mois, Andy Irons est toujours là. Bien dans sa tête, plus serein et plus en forme que jamais, il semble avoir eu raison de ses vieux démons.

Nous l'avons rencontré à Teahupoo, une vague qu'il affectionne tout particulièrement. Malgré le manque de houle de ces premiers jours, il attend patiemment le réveil de la bête pour prouver à tous qu'il reste l'un des meilleurs sur le spot. Pour l'avoir vu à l'eau en free surf ce matin sur le spot dans des jolies vagues d'environ 2m, on peut dire qu'Andy a encore de quoi faire mal... très mal !

Mais pour le moment, l'heure est au jeu des questions-réponses. Magnéto :

Surf Session : Tu es à Tahiti depuis quand ?

Andy Irons : Je suis arrivé vendredi, quelques jours après le gros swell malheureusement…

À quoi vous occupez vos journées quand les compétitions sont "off" ?

On traîne, on s'entraîne, on surfe, on mate des DVD quand on veut rester tranquille, on fait du jet-ski… J'habite avec Occy et Dusty Payne, ils sont top. Il y a aussi Roy, qui n'habite pas avec nous mais passe ses journées à la maison. Freddy (Fred Pattachia) n'est pas loin non plus. On est un bon groupe…

Depuis le début de la saison, tu as fini deux fois 9ème, une fois 33ème et une fois 17ème. Tu attends Teahupoo avec impatience pour montrer ce que tu sais faire de mieux ?

Je veux Teahupoo tout court, peu importe les conditions. Si il y a 5 pieds c'est le rêve, mais si il n'y a que 3 pieds, ça me va.

Quels sont tes plus gros adversaires sur le Tour ?

Il n'y en a pas de particulier. Pour moi c'est pareil, c'est juste un autre gars avec un lycra sur le dos.

"le Tour n'est plus une priorité pour moi."

Tu sembles être un Andy différent cette saison. Une sorte de renaissance…

Oui, peut-être. J'ai déjà gagné mes titres mondiaux, le Tour n'est plus une priorité pour moi. Il y a d'autres choses à côté. J'ai réalisé ça pendant ma retraite du Tour l'an dernier et j'étais plutôt content en fait (rires). Je pense que c'est vraiment dur de parvenir à décompresser quand on quitte le Tour.

Comme lorsque quelqu'un sort de prison ?

(rires) C'est quand même mieux que la prison ! Comme être un rocker, ou quelqu'un dans le genre. Je crois au contraire que c'est l'exact opposé de la prison : être capable de partir n'importe où pendant des mois…

Pourquoi as-tu quitté le Tour l'an dernier ?

Je m'ennuyais tellement, je n'étais plus là pour les bonnes raisons. Je ne faisais que me montrer sur les compètes et surfer mes séries. Plus de freesurfs. J'avais pris l'habitude d'arriver super énervé à chaque compétition, comme si c'étais le WQS. Puis c'est devenu répétitif d'enfiler lycra après lycra…

A quel moment as-tu commencé à perdre ta motivation ?

Je me sentais plutôt en forme sur la Gold Coast où j'ai terminé 5ème. J'ai à nouveau eu un résultat correct à Bell's puis j'ai commencé à enchaîner les mauvais résultats. En arrivant en France, je ne voulais plus surfer. Et je suis rentré à la maison, je ne suis pas allé à Mundaka, ni au Brésil. Je suis juste revenu pour le Pipe Masters, parce que ça reste un rêve de surfer Pipeline à 3 dans l'eau.

"Je serais prêt le jour où tout cela s'arrêtera, les sponsors et le reste."

Avec le recul, tu penses que ce break a été positif pour toi ?

Oui, parce que je voulais voir ce que ça faisait de ne plus être sur le Tour. Ca m'a remis d'aplomb, et m'a aussi montré ce que je voulais faire après le Tour. Je suis rentré dans le jeu parce que j'ai toujours voulu surfer. Et je suis parti parce que ce n'était plus ce que je voulais faire. Etre un free surfeur est tout ce que je veux être. Je serais prêt le jour où tout cela s'arrêtera, les sponsors et le reste. J'ai la chance d'avoir de super relations avec Billabong, et ils sont OK pour que je continue jusqu'à mes 40, et j'espère au moins mes 50 ans…

Et être une sorte d'ambassadeur ?

Oui, comme Tom Carroll aujourd'hui. Continuer à représenter la marque du mieux que je peux. C'est juste le rêve.

(A ce moment, Chris "Davo" Davidon sort du lagon super excité et raconte à Andy comment il s'est fait emporté par le courant en nageant au-delà du lagon, et comment il y est revenu rapidement, pensant qu'il était poursuivi par un requin tigre. Les surfeurs sont vigilants depuis qu'un requin de la même espèce, mesurant plus de 6m, a été pêché dans le coin il y a 6 semaines.)

Andy : oui, il y a des requins tigre ici. A ce moment de l'année (c'est l'hiver à Tahiti) ils sont plus nombreux à cause de la température de l'eau qui a baissé.

"je me donne encore 3 ans sur le Tour…"

Que se passera-t-il si tu ne te requalifies pas l'an prochain ?

Pour le cut d'après Tahiti, je sais que je suis bon. Mais ce serait super que je sois toujours là l'an prochain. Et j'espère y avoir de meilleurs résultats. Sinon, l'alternative serait de ne participer qu'aux 4 évènements Billabong en tant que wildcard. J'aime les classements, mais ça, ce serait un rêve pour moi. Plus je pense à l'idée d'être freesurfeur et de ne m'entraîner que pour ces 4 événements, plus je me dis que c'est là que je serais plus dangereux. Si tu viens en tant que wildcard, tu n'as rien à perdre et j'aime cette façon de voir les choses : freesurfer toute l'année, se pointer sur certains contests et battre les gars. Cela dit, je me donne encore 3 ans sur le Tour…

Un autre Titre de Champion du Monde en vue ?

Je n'y pense pas pour le moment. J'en ai déjà 3… Plus que la plupart des autres surfeurs.

Ca se passe mieux maintenant entre Kelly et toi ?

Oui, on traîne ensemble, c'est cool. Ces années de rivalité intense sont derrière nous, la Guerre Froide est terminée.

OK merci Andy. Et bonne chance pour le contest…

Propos recueillis par Romain Ferrand.

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