Local shapeur : Renaud Cardinal, UWL

Portrait du shaper charentais qui manie le rabot depuis 1991, et chez qui se déplacent désormais chaque année certains des meilleurs shapeurs de la planète.

24/10/2014 par Romain Ferrand

Chez UWL et Renaud Cardinal, on aime travailler à la maison, mais aussi voir ce qu’il se passe ailleurs. Surtout si ça vient d’Australie, d’Hawaii ou de Californie. Au final, ce sont plus souvent les shapeurs étrangers qui se déplacent, attirés par cette mentalité particulière de l’échange, ce goût pour l’innovation et la technique.

Qu’est-ce qui vous a poussé à partir sur ce créneau et cette image “high tech” ?

La technologie a toujours fait partie de l’histoire du shape. Les évolutions ont été parfois plus ou moins rapides (le balsa puis la résine polyester et la mousse polyuréthane, l’emblématique rabot Skil 100, rabot Hitachi by Clark Foam, les profilers et les CNC, maintenant les imprimantes 3D, etc.) Maintenant, l’utilisation des CNC paraît évidente pour tout le monde, mais c’est vrai qu’il y a 10 ans, nous avions essuyé pas mal de critiques…

Votre leitmotiv est le “sur mesure”, n’est-ce pas ?

C’est même notre créneau, on ne conçoit pas une planche de surf qu’autour d’un outline, c’est un tout : rocker, foils, les différents pains, lattage, stratification, déco et dérives. Nous avons développé un serveur interne qui gère toutes ces étapes, poste par poste, depuis plus de 10 ans. Tout y est stocké, c’est la mémoire de l’entreprise, ce qui nous permet de refaire une planche à l’identique ou alors de faire évoluer une planche.

Vous collaborez avec de nombreux shapeurs et artistes. Avez-vous une passion pour votre prochain ?

Le partage des compétences est primordial. Avoir une vision globale du métier est nécessaire (du vendeur au ponceur, en passant par le shapeur, le décorateur, le glasseur et le teamrider), mais se spécialiser dans une étape permet d’en devenir un expert. S’entourer de personnes extrêmement compétentes et qui partagent avec les autres, c’est ça qui nous rend différent et c’est l’esprit d’UWL.

En quoi vous sentez-vous différents des autres shapeurs ?

Nous avons un grand respect pour tous les artisans shapeurs français. Nous sommes juste Rochelais, loin, très loin du Sud-Ouest. Nous ne subissons aucune influence française, en bien ou en mal, mais que celles d’Australie, Hawaii, Californie, etc. C’est certainement ça qui nous rend à part.

Quel est ton meilleur souvenir ?

En octobre dernier, Suicidal Tendencies est passé à La Rochelle. On est fan avec mon frère depuis toujours. Mike Muir a un frère qui était un Lord of Dogtown. On contacte le groupe pour organiser un backstage avec UWL et c’est Mike qui nous a répondu. Je ne pouvais venir les mains vides, alors on leur a fait deux Tracker ST, super soignées dans les moindres détails, aux couleurs et style du groupe ! Mike nous a reçu sur scène pour les montrer au public, juste avant Let’s Skate : un super souvenir pour mon frère et moi !


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3 commentaires

  • CARDINAL Thomas
    29 octobre 2014 12h17

    Bonjour Julien,
    Même si on peut dire que nous étions parmi les précurseurs dans ce domaine il y a presque 10 ans, nous avons réalisés plusieurs choses :

    > Suite à des audits sur notre bilan carbone, nous avions plus d’impact positif sur l’environnement avec une bonne gestion dans nos achats, dans notre production de tous les jours et de nos déchets.

    > Que la performance pure et dur d’une bioboard est un peu en dessous d’une shortboard de fabrication classique

    > Qu’il est difficile d’être viable sans un tas de subventions… et on n’est pas trop subvention.

    > Que les surfeurs ne sont pas tous prêt (ou ne peuvent pas) (ou ne veulent pas) mettre plus pour une bioboard

    > Que les surfeurs aiment les planches blanches

    Mais rassures-toi nous n’avons pas oublié la planche écolo et nous continuons a tester des produits afin de trouver le parfait combo !

    Donc patience et confiance.

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  • JulienP
    29 octobre 2014 11h38

    Un bel exemple d’innovation a la française. Ca fait plaisir a voir. Sur un autre sujet: a quand des efforts sur des planches plus écolos?

    Répondre

  • max
    24 octobre 2014 12h37

    Il faut arreter de dire qu’UWL est du sur mesure c’est faux..ils ont des modeles et rentre les cotes souhaitées dans la machine et voila… Dans ce cas la bradley fait du sur mesure.

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