Grande America : la Loire-Atlantique et la Vendée sous surveillance

Alors qu'une 2e nappe d'hydrocarbure a été repérée et que l'on en sait plus sur la dangereuse cargaison.

15/03/2019 par Marc-Antoine Guet

« Nous suivons avec évidemment beaucoup, beaucoup, beaucoup d’attention la situation ». Le premier ministre, Edouard Philippe, a tenu à montrer sa préoccupation face au risque de pollution des côtes françaises après le naufrage du « Grande America » qui a sombré mardi à 15h26 à 333 km de La Rochelle. Il peut, car les dernières nouvelles ne sont pas rassurantes.     

      

Une deuxième nappe repérée

Hier (jeudi), une deuxième nappe d’hydrocarbure a été repérée en plus de la première qui faisait déjà une dizaine de km de long. Si celles-ci vont faire l’objet d’opérations de pompage, elles ne représentent pas l’intégralité du fioul du navire. La pollution pourrait arriver sur notre littoral d’ici une semaine d’après les dernières estimations. Si la Charente-Maritime et la Gironde étaient déjà en pré-alerte, les plages de Loire-Atlantique et de Vendée, elles, viennent d’être placées sous surveillance.

« Nous faisons tout ce qui est possible pour pomper en mer. Mais ce n’est possible que si un certain nombre de conditions météo sont réunies. Il semble qu’il y ait des fenêtres d’accalmies dans les jours qui viennent », a déclaré François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

Seule (très) petit bonne nouvelle, l’ampleur de la pollution ne pourra pas dépasser celle du naufrage de l’Erika en 1999 (6 000 tonnes de fioul avaient été dispersées, contre au maximum 2 200 tonnes pour le Grande-America selon les informations du Monde). 

Ce que contenait exactement ce bateau

Une centaine de tonnes d’acide chlorhydrique et 70 tonnes environ d’acide sulfurique. Ca c’est pour la partie la plus grave et la plus dangereuse. Lors d’une conférence de presse, le préfet maritime de l’Atlantique, Jean-Louis Lozier, avait évoqué que « 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses ainsi que plus de 2 000 véhicules » étaient tombés à la mer. On sait désormais ce que voulait dire « matières dangereuses »…

Autre mauvaise nouvelle : le fioul lourd. Un produit qui ne s’évapore pas, qui a tendance à constituer des nappes visqueuses à la surface de la mer et qui peut aussi se transformer en boulettes de pétrole pouvant arriver sur nos côtes. C’est ce qu’a précisé au micro de France Info Francois de Rugy, le Ministre de la Transition écologique.

La compagnie Grimaldi Lines qui s’occupait de ce navire a seulement précisé elle dans un communiqué que le navire  « contenaient en majorité des produits génériques, chargée à Anvers et à Hambourg avec pour destination Casablanca (Maroc), Dakar (Sénégal), Conakry (Guinée), les ports brésiliens de Suape, Vitoria, Rio de Janeiro, Santos et Paranagua, ainsi que Zarate (Argentine) et Montevideo (Uruguay) ».


Des mesures rapidement mises en place

À Noirmoutier par exemple, les écluses ont été fermées pour protéger les marais salants. Et de la baie de Bourgneuf à celle de l’Aiguillon, les ostréiculteurs doivent mettre leurs huîtres à l’abris dans des bassins et constituer des stocks pour tenir un mois. Des barrages flottants vont également être installés pour protéger les lieux de stockage et d’épuration des coquillages. C’est ce que nous apprend ce matin France Bleu Pays de la Loire. 



Pour rappel, le Grande America était en provenance de Hambourg et devait se rendre à Casablanca quand un incendie s’est déclaré à son bord dimanche soir. Le bâtiment se trouvait à environ 263 kilomètres au sud-ouest de la pointe de Penmarc’h en Bretagne. Les 27 passagers ont été évacués dans la nuit de dimanche à lundi mais l’incendie n’a pu être maîtrisé et le navire a sombré mardi à 15h26 à 333 km de La Rochelle.                                  

       


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