Naufrage du Wakashio : le point 15 jours après

Une population locale exemplaire et solidaire, une fuite d'huile lourde enfin stoppée, des conditions climatiques compliquées... On fait le point en ce début de semaine.

10/08/2020 par Marc-Antoine Guet

Commençons par la (seule) bonne nouvelle de la journée : les équipes d’interventions sont (provisoirement) parvenues à bloquer la fuite d’hydrocarbures qui se déversait depuis plusieurs jours de la cale du bateau. 

Mais 15 jours après le naufrage du Wakashio, les opérations de lutte contre la pollution maritime, dues aux hydrocarbures s’échappant de la coque du navire, se poursuivent et se sont même accélérées ce week-end. Car après le silence des premiers jours, tout le monde aujourd’hui s’accorde pour qualifier le naufrage du Wakashio de « catastrophe environnementale majeure ».

Une population locale exemplaire et solidaire
Ce sont eux les premiers touchés. Mais malgré le drame environnemental qui est en train de frapper leur île, les Mauriciens sont exemplaires.
Depuis plusieurs jours déjà, ils se mobilisent en masse. Ce week-end, ils ont été des milliers à se rendre sur la côte Sud-Est de l’île pour se porter volontaires afin de lutter (nuits et jours) contre cette pollution maritime. Tous ont mis la main à la patte dans le but (entre autres) de confectionner des « boom », des boudins de paille installés sur plusieurs sites et censés capter les hydrocarbures. 

Des bouées et barrières ont été placées un peu partout le long de la plage pour éviter que l’huile ne s’y dépose. Leur but ? Tout simplement essayer de limiter la propagation de la nappe d’huile et sauver le lagon et le littoral mauriciens.
Mais des algues imbibés d’hydrocarbure jonchent le littoral dans la région selon les dernières informations de lexpress.mu, site d’informations local très bien informé. Toujours d’après leurs informations, des soldats de la Special Mobile Force, armés de leurs pelles, sont sur le terrain pour enlever le fioul qui s’est déposé sur le sable et les rochers.
Il faut faire vite. De nouvelles fissures sont apparues à l’intérieur du Wakashio, faisant craindre une rupture en deux du vraquier japonais. 


Des conditions climatiques compliquées

C’était annoncé… Face aux conditions climatiques compliquées, le pompage d’huile du MV Wakashio vers d’autres pétroliers a été stoppé hier dans la journée. Car la priorité depuis samedi est désormais d’extraire les hydrocarbures restants dans le navire.

Samedi, plus de 250 tonnes ont pu être récupérées. Mais se pose désormais la question du stockage des hydrocarbures. Les stations services ne serraient pas en mesure de tout récupérer comme il aurait été évoqué au début. 

La France en renfort

La France a répondu à la demande d’appui des autorités mauriciennes par l’envoi depuis la Réunion de moyens techniques et humains. Le bâtiment de la Marine nationale, Le Champlain, a également été mobilisé. Il est arrivé sur l’île Maurice hier matin, avec du matériel supplémentaire à son bord.  

« Une grave erreur de navigation »

Selon des informations de l’AFP, la police mauricienne aurait prévu d’aborder le Wakashio, afin de saisir tous les documents relatifs à sa navigation, notamment les enregistrements des communications. Selon une source maritime mauricienne qui s’est confié au journal Le Monde, l’accident aurait été vraisemblablement causé par « une grave erreur de navigation », car il n’a pas dévié de sa route.

Le navire manoeuvré par un capitaine Indien de 58 ans, aurait dû passer bien plus au sud de l’île Maurice.

Suite à ça, Bruneau Laurette, spécialiste en sécurité maritime et activiste social a tenu une conférence de presse ce matin pour évoquer la situation.

« La National Coast guard a laissé le navire poursuivre son chemin dans les eaux mauriciennes. Que ce se serait-il passé s’il y avait des terroristes à bord ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu des tirs de sommation et pourquoi il n’a pas été arraisonné suite au refus de répondre ? »

La marée noire, qui n’a cessé de s’étendre en remontant le long de l’île, s’étend à présent jusqu’aux côtes et plages des villages de Deux-Frères et Quatre-Sœurs. Les autorités craignent que les courants n’entraînent la masse d’hydrocarbures vers des régions, qui étaient considérées jusque-là comme sans risque. Toute la côte Est jusqu’au Nord, y compris l’Ile aux Cerfs, sont désormais menacées.

         


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