À 19 ans, Erin Brooks vient de gagner trois étapes du Championship Tour consécutives

Tahiti, Fiji et maintenant Trestles. En l'espace de quelques semaines, Erin Brooks vient de transformer une saison jusque-là compliquée en une série que le Championship Tour n'avait plus connue depuis 2008. Et sa dernière victoire en Californie raconte peut-être encore davantage que les deux précédentes.

21/09/2026 par Surf Session

Il y a encore quelques semaines, difficile d’imaginer Erin Brooks terminer l’été 2026 de cette manière.
Lors des six premières étapes de sa deuxième saison parmi l’élite, la Canadienne n’était jamais parvenue à dépasser le deuxième tour. Puis le Tour est arrivé dans le Pacifique.
Et tout a changé.
D’abord Tahiti. Puis Fiji. Et désormais Lower Trestles.
Trois compétitions. Trois victoires consécutives. À seulement 19 ans.
Il s’agit en effet d’une série suffisamment rare pour devoir remonter à Stephanie Gilmore en 2008 afin de retrouver une surfeuse ayant réussi à remporter trois étapes consécutives du Championship Tour.

De Tahiti à Trestles, Erin Brooks change de dimension

Erin Brooks – Photo by Cait Miers/World Surf League

D’ailleurs, sa victoire à Tahiti avait déjà marqué les esprits.
Car dans les tubes puissants de Teahupo’o, Erin Brooks avait confirmé ce que l’on savait depuis longtemps : lorsqu’il faut s’engager dans des vagues creuses et sérieuses, elle possède très peu d’équivalentes.
Ensuite, à Cloudbreak, elle récidivait dans un registre similaire quelques semaines plus tard. Un autre reef break du Pacifique Sud, une nouvelle démonstration dans les tubes et une deuxième victoire consécutive.
On aurait alors pu résumer sa série à une évidence : Erin Brooks est exceptionnellement à l’aise lorsque les vagues deviennent puissantes.
Puis est arrivé Trestles.
Et c’est peut-être là que sa troisième victoire devient la plus intéressante.

À Trestles, plus question de simplement savoir prendre des tubes

Lower Trestles n’a quasiment rien à voir avec Teahupo’o ou Cloudbreak.
La célèbre vague californienne, qui accueillera les épreuves de surf des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, récompense la vitesse, les changements de direction, les combinaisons de manœuvres et la capacité à exploiter chaque section.
Un véritable terrain de jeu pour le surf haute performance.
Et Erin Brooks y a gagné.
Pas en profitant d’un tableau ouvert, mais en éliminant successivement quelques-unes des références absolues du surf féminin actuel.
En quarts de finale, elle retrouve Carissa Moore, quintuple championne du monde.
En demi-finale, c’est Molly Picklum, championne du monde en titre, qui se dresse sur son chemin.
Deux obstacles franchis avant de retrouver en finale Gabriela Bryan, alors numéro 1 mondiale.

Carissa Moore – Photo by Emma Sharon/World Surf League
Molly Picklum – Photo by Emma Sharon/World Surf League
Gabriela Bryan – Photo by Emma Sharon/World Surf League

Carissa Moore, Molly Picklum puis Gabriela Bryan

Face à Bryan, Brooks prend rapidement les commandes avec un 7,00 obtenu grâce à une série de turns précis sur son backside.
La Hawaïenne répond et reste au contact, mais la Canadienne ne lui laisse finalement jamais reprendre la tête.
Une dernière droite bien exploitée lui rapporte 6,00 points.

13,00 contre 11,90.
Erin Brooks vient de remporter Trestles.
Et surtout de compléter une séquence assez improbable quelques semaines auparavant : Tahiti. Fiji. Trestles.
Trois victoires consécutives sur trois vagues qui ne demandent pas exactement les mêmes qualités.

Erin Brooks – Photo by Emma Sharon/World Surf League

Une saison complètement renversée

C’est probablement l’autre élément qui rend cette série aussi impressionnante.
Avant Tahiti, la saison d’Erin Brooks ressemblait presque à un rendez-vous manqué.
Lors des six premières compétitions de l’année, elle n’était jamais parvenue à franchir le deuxième tour.
Un début de saison particulièrement frustrant pour une surfeuse annoncée depuis plusieurs années comme l’un des plus grands talents de sa génération.
Mais au lieu de laisser les mauvais résultats s’accumuler, Brooks a complètement inversé la dynamique.
Trois compétitions plus tard, elle occupe désormais la cinquième place mondiale et s’est replacée au cœur de la lutte pour le titre.
Le contraste est saisissant.

La première depuis Stephanie Gilmore

Il faut surtout mesurer la rareté de ce qu’elle vient d’accomplir.
Sur le Championship Tour, enchaîner deux victoires constitue déjà une performance considérable. En obtenir trois consécutivement l’est encore davantage.
La dernière surfeuse à l’avoir fait était Stephanie Gilmore en 2008.
Dix-huit ans plus tard, Erin Brooks inscrit donc son nom à côté de celui de l’octuple championne du monde australienne.
À 19 ans seulement.

Erin Brooks – Photo by Pat Nolan/World Surf League



Trois victoires, mais surtout trois démonstrations différentes
C’est peut-être ce qu’il faut retenir au-delà de la statistique.
À Teahupo’o, Erin Brooks a gagné dans des tubes parmi les plus exigeants du monde.
À Cloudbreak, elle a confirmé sa maîtrise des vagues puissantes de récif.
À Trestles, elle vient de montrer qu’elle pouvait également dominer sur une vague où les manœuvres et le surf de performance prennent le dessus.

À 19 ans, la Canadienne n’est donc plus seulement cette jeune prodige capable de charger des vagues que beaucoup hésiteraient à regarder depuis le channel.
Elle est en train de devenir une surfeuse capable de gagner sur des terrains radicalement différents.
Après six compétitions sans dépasser le deuxième tour, elle vient d’en gagner trois consécutivement.
Difficile d’imaginer meilleur moyen de changer le cours d’une saison.


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