Compet' à Anglet : qu'il fut difficile de faire notre métier

Compétition - Si Johanne Defay et Italo Ferreira ont gagné, la WSL a tout gâché.

Par - @surfsessionmag -
Ceci est évidemment un montage. Au cas-où...   
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Avec du recul on se dit que Justine Dupont n'aurait pas dû être la seule à boycotter cette compet' à Anglet.

En nous interdisant l'accès au site de compétition, la WSL nous a tenu à l'écart des athlètes et donc de ce qui fait l'essence même d'une compétition sportive : le sportif. Car toute organisation quelle qu'elle soit, ne peut exister sans la présence de ceux qui font l'histoire et les exploits. Il n'y aurait pas de Tour de France sans Poulidor. Pas de Coupe du Monde 98 sans Zidane. Pas de Roland-Garros sans Noah et pas de surf sans Slater et tous les autres professionnels. Car il ne faut pas oublier qu'avant d'être une marchandise marketing que l'on essore jusqu'à épuisement, le surfeur est avant tout un sportif. C'est lui qui fait l'histoire et les souvenirs.

En nous tenant éloignés de ces derniers aujourd'hui, la WSL nous a simplement empêché de faire notre métier : celui de correctement informer. Et informer ce n'est pas simplement relayer un communiqué. 

Si le Tour de France a bien réussi pendant 3 semaines à faire cohabiter (dans le respect des règles sanitaires que l'on accepte bien évidemment), sportifs et journalistes, ce ne fut pas le cas de la WSL aujourd'hui. Et pendant que dans le foot on a autorisé le week-end dernier 5 000 spectateurs à entrer dans une enceinte clause, dans le surf, on a fermé aujourd'hui toute une plage et une promenade pourtant situées en plein air.

Retour sur une journée qui ne restera pas dans l'histoire. Quoique. 

La journée s'annonçait pourtant belle à Anglet.

Du gâchis

C'est le sentiment qui domine ce soir au moment d'écrire ces quelques lignes.

Du gâchis parce qu'après une saison blanche, nous journalistes, étions contents et heureux de retrouver nos surfeurs français que l'on aime tant suivre durant toute la saison. Du gâchis parce que après avoir mangé notre pain noir pendant plusieurs mois, nous étions contents de voir le surf revenir en compétition, qui plus est en France, à Anglet, lieu chargé d'histoire. Du gâchis parce que le champion du monde en titre avait fait le déplacement sur nos côtes françaises (sans même que nous ne puissions l'approcher). Du gâchis parce que ce qui devait être une fête et une journée spéciale n'était rien d'autre au final qu'une triste journée d'automne. 

Alors la faute à qui ? Au Covid sûrement, mais pas que. 

Nous savions la compétition à huis clos et interdite au public, journalistes compris. Pourtant, ce matin, aux alentours de 7h30 quand le call fut lancé, impossible de ne pas vouloir tenter. On ne sait jamais, sur un malentendu ça peut passer. En arrivant sur place, nous nous sommes vite retrouvés derrière une grande bâche noir, un peu à l'image de celles que l'on peut voir autour d'un terrain d'entraînement quand l'équipe de France s'entraîne à huis clos pendant une coupe du monde. Nous avons tout juste pu apercevoir le premier air d'Italo Ferreira à Anglet avant que ce dernier ne disparaisse derrière la bâche. 

C'est un peu tout ce que l'on a pu voir d'Italo aujourd'hui, cadenassé de partout.

On n'est plus à un mépris près

Un petit coup de fil matinale à la WSL nous a confirmé que nous n'étions pas autorisés à accéder au site de compétition, contrairement à d'autres journalistes "partenaires". Cantonnés derrière des barrières et tenus à l'écart des surfeurs, nous avons tant bien que mal essayé de faire notre boulot afin de vous informer. Pour être totalement honnêtes, devant ces conditions de travail compliquées et alors que le vent venait de tourner, nous avons vite perdu notre intérêt pour ce qui se passait. Les organisateurs ont réussi à nous dégouter de cette journée et c'est bien ça le plus triste. Les surfeurs ne méritaient pas ça. Les surfeurs ne méritaient pas aujourd'hui d'être réduit simplement à "une marchandise marketing" que l'on diffuse par pastille de 30 secondes sur les réseaux sociaux.

Si la situation sanitaire empêchait bien évidemment toute démonstration d'excitation sur la plage (et à juste titre), il y a avait certainement un juste milieu à trouver. Les surfeurs ne méritaient pas après tous ces mois sans compétition de se "produire" dans une arène vide. Comme on n'imagine pas non plus des acteurs de théâtre se produire dans une salle vide, sous prétexte que le producteur diffuse la pièce en direct sur les réseaux sociaux. Le virtuel a ses raisons que la raison ignore. Et pourtant, en off, il se murmure que cette compétition était une répétition générale avant la saison 2021 qui arrive.

On passera rapidement sur le fait qu'aucun live en Français n'était disponible. La French Touch si chère aux Américains se résumant uniquement à une musique française pendant les pubs. Mais on n'est plus à un mépris près.

On aurait dû se déguiser en Jeep pour entrer.

Un contexte sanitaire bien évidemment exigeant qui pousse (trop?) à la vigilance

Bien évidemment nous avons reçu par mail aujourd'hui (via la WSL) les photos des plus belles vagues de cette journée. Mais comment avoir envie de bêtement relayer du contenu après une telle journée et alors que la compet' s'est déroulée à 20 mètres de nos bureaux ? Nous le ferons néanmoins par respect pour les surfeurs qui méritaient bien plus que ce à quoi ils ont eu droit aujourd'hui. 

Alors oui, il est très certainement difficile d'organiser des compétitions sportives dans ce contexte sanitaire très particulier. C'est une évidence. Les surfeurs ont dû tous se faire tester en début de semaine avant de signer un formulaire dans lequel ils s'engageaient à ne côtoyer personne d'autre que ceux présent avec eux lors du dépistage. Concrètement, ils avaient comme règle après leur heat soit de rester dans l'espace athlètes à huis clos, soit de retourner directement chez eux. Oui ce Covid modifie nos façons d'évoluer, mais il y avait certainement un juste milieu à trouver. Car de mémoire, interdire l'accès d'une compet' de surf à des journalistes ce n'était encore jamais vu. Qui plus est à des journalistes français quand la compétition se trouve en France et qu'elle est organisée par une entité américaine.

Dans ce sens, on peut dire que les retrouvailles ont été gâchées. 

Le surfeur de la Gwada Gatien Delahaye était pourtant on fire.

Johanne Defay et Italo Ferreira s'imposent et enchaînent 

En ce qui concerne le sportif, la Française Johanne Defay et le champion du monde en titre Italo Ferreira ont gagné. Italo qui enchaîne une 2e victoire d'affilée après son succès au Brésil la semaine lors du Onda Do Bem. Idem pour Johanne qui triomphe après son succès en juillet dernier lors de la Coupe de la Fédération dans les Landes. 

Si ce matin à marée haute le plan d'eau était glassy et ensoleillé, ce dernier s'est vite dégradé en milieu de journée. Le vent et la pluie sont venus ternir une journée déjà bien triste, offrant aux surfeurs des conditions dignes d'un QS des mauvais jours.

Une journée à oublier. 

Andy Criere finaliste et on est super content pour lui.

Italo ajoute un succès à sa collection.

Vahine Fierro s'est inclinée en finale face à Johanne Defay.
       

Johanne Defay enchaîne une nouvelle victoire après son succès en juillet lors de la Coupe de la Fédération

                                             
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COMMENTAIRES (5)
GUIDOP - le 23/09/2020 à 20:47
Quelles sont les conditions imposées par la WSL pour obtenir une accréditation ? C'est dingue que le principal media d'actu surf d'un pays qui accueille une épreuve ne soit pas automatiquement accrédité. Merci de publier un eclairage là-dessus histoire de bien cadrer les choses.
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seba - le 23/09/2020 à 20:56
C est aux surfeurs de se réveiller et leur compétition qui se la garde
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Lesuedois - le 24/09/2020 à 15:32
Ridicule.
En plus comment accepte de laisser italo voyager pour participer a la compet europeene???
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Rf - le 25/09/2020 à 01:08
Italo et tout le reste de surfer's ont une liaison avec L Europe, passport où une adresse, maison etc. À part qui wsl à invité aussi 1 surf pour y participer voilà.
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PierreLedain - le 24/09/2020 à 22:55
Honnêtement au delà du fait que je trouve en effet nul de la part de la WSL d'avoir mis de côté Surf Session ce jour là, j'ai regardé un peu le live, franchement, les personnes chargés de filmer étaient en roue libre complet, par moment il te balançait des gros plans sans intérêt, ensuite quand un surfeur prend la vague, la réalisation se dit que c'est vachement de mater un replay de la vague précédente plutôt que de se concentrer sur le direct et à plusieurs reprises, on a eu le droit à des plans larges où on voyait les deux athlètes qui s'affrontaient à ce moment là en tout petit alors que l'un d'eux prenaient une vague et à aucun moment, on te propose un plan serré pour voir la personne qui surfe, nan, ça reste en plan large et débrouille toi pour comprendre ce qu'il se passe dans l'eau, bref, du gâchis là aussi je trouve.
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