Surfer des vagues parfaites au milieu du désert

Rencontre avec Matt Etxebarne autour d’une expérience unique en wave pool en Arabie Saoudite...

09/03/2026 par Surf Session

Pour cette session pas comme les autres, Matt Etxebarne s’est envolé avec Louis Marchiset (longboard), Cam Richards et Victor Bernardo (surf) pour tester une nouvelle génération de vagues artificielles développées par Endless Surf à Adrena, au cœur du projet Red Sea Global, près de la mer Rouge en Arabie Saoudite. Pendant plusieurs jours, l’équipe a exploré les possibilités offertes par cette technologie, en surf, en longboard et en foil, avec un objectif simple : repousser les limites de chaque discipline.

Comment est née l’idée d’aller tester le foil dans cette piscine à vagues?

Cela fait plusieurs années que je m’intéresse à l’évolution des différentes technologies de piscines à vagues. Avec toutes les innovations qui arrivent, j’avais vraiment envie de voir ce qu’il était possible de faire en foil dans ce type d’environnement.

L’opportunité s’est présentée grâce à Endless Surf. L’idée était d’aller à Red Sea Global, près de la mer Rouge, pour travailler directement avec leur équipe et développer différentes vagues adaptées au foil.


Qui faisait partie de l’expédition?

Nous étions quatre riders : Louis Marchiset en longboard, Cam Richards et Victor Bernardo en surf, et moi en foil.

Pendant trois à quatre jours, on a testé différentes configurations de vagues. Toute l’équipe de production était là : vidéastes, techniciens et staff Endless Surf. Ils nous ont littéralement laissé la piscine pendant plusieurs jours pour expérimenter.

Ce qui impressionnait surtout, c’était l’ampleur du travail mené en coulisses. Axel, Cheyne et le reste de l’équipe passaient un temps considérable à affiner les choses, à ajuster les moindres détails et à faire évoluer le projet pas à pas. Tout reposait sur une collaboration étroite, faite de discussions, de réflexions et d’ajustements permanents. 

Ils ont réussi à créer des vagues très différentes : des sections tubulaires, des vagues pour les airs, d’autres plus molles… Au final, il est possible de concevoir une vague presque parfaite pour chaque rider, quel que soit son niveau ou son objectif.

C’était une première pour toi dans ce type de vague?

Oui, et ce qui m’a le plus surpris, c’est la capacité à modifier la vague presque à l’infini.

C’est un peu comme quand on était enfants et qu’on jouait au jeu de surf YouRiding. On peut créer des sections différentes, ajouter ou enlever des tubes, ralentir ou accélérer la vague… tout est personnalisable.

Pour le foil en particulier, c’est incroyable, car cela permet de créer des rides presque infinis et de travailler des manœuvres avec un temps en l’air qui semble illimité.


Rider une vague de piscine est-il très différent de surfer dans l’océan?

Oui, l’approche est différente.

L’un des points positifs de cette piscine, c’est que l’eau est salée : elle provient directement de la mer Rouge située à proximité. La flottaison est donc très proche de celle de l’océan.

Mais malgré tout, l’expérience reste différente. La wave pool est un outil fantastique pour la performance : progression technique, développement de nouvelles manœuvres, tests de matériel ou de nouvelles technologies.

Cela dit, ça ne remplacera jamais l’océan. Le surf, ce n’est pas seulement prendre une vague. C’est aussi la quête de la vague parfaite, les sessions avec les amis, les rencontres, tout ce qui se passe dans l’eau et autour.

La piscine ressemble davantage à un skatepark : un terrain d’entraînement extrêmement performant.


La régularité des vagues permet-elle de repousser les limites du foil?

Oui, clairement.

Le fait d’avoir une vague identique à chaque passage permet de répéter les manœuvres autant de fois qu’on le souhaite. On peut vraiment travailler la technique et pousser plus loin la performance.

C’est aussi très intéressant pour le développement du matériel, car on peut tester des planches ou des foils dans des conditions parfaitement constantes.


As-tu dû adapter ton matériel pour cette session?

Oui, j’avais prévu d’adapter mon matériel.

Malheureusement, on n’a pas eu beaucoup de chance : mon boardbag est arrivé seulement le dernier jour. Au final, je n’ai pu foiler qu’un peu moins d’une heure dans la piscine.

Les premières vagues étaient un peu déroutantes, notamment parce que l’eau est extrêmement claire, ce qui change complètement les repères. Mais après quelques vagues, j’ai réussi à m’adapter et à profiter de l’expérience.

Qu’est-ce qui est le plus technique en foil dans une wave pool?

Cela dépend beaucoup du type de vague programmé.
Sur certaines vagues plus classiques, si on prend des trajectoires trop intérieures, il peut y avoir moins de profondeur d’eau. C’est un point technique à gérer.
Mais globalement, la difficulté principale reste la gestion de la vitesse et l’anticipation. Comme le mouvement se répète à chaque vague, il faut rester très concentré pour être au bon endroit au bon moment et anticiper la section suivante.


Est-ce que ce type de vague ouvre de nouvelles perspectives pour le foil?

Oui, clairement.
La répétition et la régularité permettent d’explorer de nouvelles manœuvres et d’accélérer la progression. On peut tester des choses qu’on n’aurait peut-être pas le temps d’essayer dans l’océan.
C’est un vrai laboratoire pour le développement du sport.


Surfer une vague parfaite au milieu du désert, ça fait quel effet?

C’est assez surréaliste.
La piscine est déjà impressionnante en elle-même, mais le contraste avec le désert autour rend l’expérience encore plus particulière. C’est une sensation vraiment unique.
Mais c’était surtout une expérience incroyable.


Si tu devais résumer cette expérience en trois mots?

S’il devrait résumer cette expérience en trois mots, je dirais innovante, performante et complètement folle, même si c’est deux mots de plus.



© Endless Surf

Photos : © Tanner Wilson
Vidéo : © Nate Laverty


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