Une face immense, une ligne précise, un tube qui ne cesse de s’ouvrir : à l’écran, l’engagement du surfeur portugais paraît presque naturel. En réalité, tout se joue à une vitesse folle, au-dessus d’un reef peu profond. Dans son récit, Nic Von Rupp insiste justement sur ce décalage entre la beauté des images et la peur ressentie face à une telle puissance.
Mullaghmore : une 9’0 lancée à pleine vitesse
Au take-off, Nic Von Rupp est sur sa Pyzel 9’0 et prend très vite une vitesse considérable. Il doit d’abord composer avec les remous qui déforment la face. Ensuite, il lui faut fixer sa trajectoire et glisser sa grande planche sous la lèvre.
Plus bas dans la vague, il traverse les boils, ces mouvements d’eau qui rendent la lecture du mur encore plus délicate. À ce moment-là, son nose frôle l’enfournement.
À cette échelle, chaque correction compte. La longueur de la planche ajoute d’ailleurs une difficulté. Le surfeur doit la contrôler tout en gardant assez de vitesse pour espérer trouver la sortie.
Dans le tube, les secondes deviennent des heures
Une fois Nic enfermé sous la lèvre, le tube continue de grandir. Le surfeur décrit alors une sensation d’étirement du temps : les secondes prennent des allures d’heures. Son attention se fixe sur le moindre mouvement de l’eau. En même temps, il tente de maîtriser l’adrénaline, la peur et l’incertitude.
Ce moment résume toute l’intensité du surf de grosses vagues. Depuis l’extérieur, la trajectoire semble limpide. À l’intérieur, en revanche, elle exige une succession de décisions, avec une marge d’erreur infime.
Nic Von Rupp : la vague de Mullaghmore parmi les plus belles de sa vie
Pour Nic Von Rupp, cette vague de Mullaghmore restera l’une des visions les plus marquantes de sa carrière, et l’un de ses meilleurs tubes. C’est un instant où la beauté du spectacle ne laisse deviner qu’une partie de l’engagement.





