Biarritz veut réguler la surfréquentation de ses spots de surf

Biarritz veut réguler ses spots de surf face à la surfréquentation et aux risques d'accident. Une concertation qui relance un vieux débat.

03/11/2026 par Surf Session

Soixante-dix ans après l’arrivée du surf sur ses plages, Biarritz s’attaque à un problème devenu difficile à ignorer : la surpopulation à l’eau. La municipalité annonce une vaste concertation pour mieux organiser la cohabitation entre écoles, clubs, loueurs et surfeurs libres. Au-delà du partage des vagues, c’est aussi une question de sécurité, alors que les accidents de surf constituent une préoccupation croissante sur le littoral basque.

L’information a été relayée sur Instagram par Surfing Biarritz. La mairie, dirigée par Serge Blanco, souhaite engager un dialogue avec l’ensemble des acteurs du surf pour sécuriser les spots, apaiser les tensions et améliorer les conditions de pratique. Nathalie Destandau, adjointe aux sports, est également associée à cette démarche. Les détails du dispositif devraient être présentés dans les prochaines semaines.

Des spots saturés et des risques d’accident bien réels

À Biarritz, le phénomène est particulièrement visible à la Côte des Basques. Écoles de surf, cours collectifs, débutants, pratiquants confirmés doivent partager un espace qui malheureusement n’est pas extensible.

Cette concentration n’est pas seulement une source de tensions ou de frustrations. Elle pose un véritable problème de sécurité. Collisions entre surfeurs, coups de planche, blessures provoquées par les dérives ou chutes en eau peu profonde font partie des accidents régulièrement rencontrés sur les plages du littoral.

En juin 2025, la Ville de Biarritz reconnaissait elle-même que la fréquentation croissante de la Côte des Basques entraînait une augmentation des accidents. Pour renforcer la surveillance, elle annonçait notamment l’installation d’une nouvelle tour de vigie destinée à couvrir le sud de la zone réglementée et le secteur de Mouscariette.

Le débat est désormais lancé à Biarritz et les réactions commencent à se multiplier. Guillaume Barucq a lui aussi pris la parole sur le sujet, apportant sa contribution à une réflexion qui concerne l’ensemble de la communauté surf. Une prise de position à découvrir dans la vidéo ci-dessous.

Des centaines de blessés pris en charge chaque année sur le littoral

Le phénomène est documenté depuis longtemps par les professionnels de santé. Une étude menée par les urgences et le SAMU de Bayonne pendant l’été 2014 faisait état de 287 dossiers d’accidents de surf en juillet et août, soit une moyenne de 4,6 dossiers par jour sur le territoire étudié. Un chiffre en hausse d’un tiers par rapport à 2006.

Plus récemment, le bilan 2023 du Système national d’observation de la sécurité des activités nautiques (SNOSAN) recensait 367 dossiers liés à des accidents de surf, analysés à partir de 50 postes de secours entre Hendaye et Capbreton. Et ce bilan reste partiel : certains blessés consultent directement aux urgences ou chez un médecin, sans passer par les services de secours des plages.

À Biarritz même, la municipalité comptabilisait 23 accidents de surf ayant nécessité une évacuation vers un centre hospitalier pendant la saison 2022.

La Fédération française de surf alertait déjà en 2022 sur l’augmentation des traumatismes liés à la pratique individuelle, particulièrement sur les spots fréquentés en été. Les collisions entre pratiquants, les chocs avec les planches et les accidents en eau peu profonde figuraient parmi les principales causes identifiées.

Autrement dit, derrière les images de line-ups bondés, il existe une réalité médicale souvent moins visible. Et même si tous les accidents ne sont pas toujours graves, leur répétition pose une question légitime : jusqu’à quel point peut-on continuer à concentrer autant de pratiquants sur les mêmes vagues ?

Un problème qui ne date pas d’hier

La réflexion n’est pas nouvelle à Biarritz. Dès 2022, la municipalité avait engagé des discussions avec les communes voisines, la Fédération française de surf et le comité départemental pour réfléchir à la surfréquentation des spots. Un protocole commun et un arrêté avaient alors été envisagés.

Le sujet alimentait même déjà les colonnes de Surf Session bien avant cela.

En 2013, nous avions imaginé, pour le 1er avril, que Biarritz allait réglementer le nombre de surfeurs autorisés à l’eau. Un poisson d’avril qui s’appuyait déjà sur les préoccupations liées aux accidents et à la saturation des spots.

À relire : Biarritz régulera dès cet été le nombre de surfeurs sur ses spots (poisson d’avril 2013).

Deux ans plus tard, en 2015, nous évoquions une autre piste venue d’Australie. Sur la Gold Coast, l’idée d’un système de couleurs inspiré des pistes de ski avait été avancée pour orienter les pratiquants vers des vagues adaptées à leur niveau.

Une proposition séduisante sur le papier, mais difficile à appliquer dans un environnement où les conditions changent en permanence.

À relire : Australie : une idée surprenante pour réguler le nombre de surfeurs à l’eau.

Le surf payant ? Même notre poisson d’avril semble moins improbable

Plus récemment, le 1er avril 2026, Surf Session avait de nouveau poussé la réflexion jusqu’à l’absurde en imaginant un système de surf payant sur certains spots français.

Forfaits journaliers, tarifs pour les visiteurs, accès gratuit pour les locaux : une fiction volontairement provocatrice qui soulevait pourtant une vraie question. Jusqu’où faudrait-il aller pour limiter la fréquentation des vagues ?

À relire : Surf payant en France : notre poisson d’avril sur la surpopulation des spots.

Rien n’indique évidemment que Biarritz envisage aujourd’hui une telle mesure. Mais ces exemples montrent à quel point le problème est ancien et combien les solutions restent difficiles à trouver.

Comment réguler sans remettre en cause la liberté de surfer ?

Limiter le nombre d’élèves par cours ? Répartir davantage les écoles entre les plages ? Définir des zones ou des horaires spécifiques ? Renforcer la prévention et le respect des priorités ?

Chaque piste présente ses avantages, mais aussi ses limites. Réduire la fréquentation d’un spot peut simplement déplacer les surfeurs vers un autre. Restreindre les activités des écoles soulève des enjeux économiques. Et réglementer l’accès des pratiquants indépendants touche à une dimension fondamentale de la culture surf : la liberté d’aller à l’eau.

La démarche annoncée par Biarritz devra donc trouver un équilibre entre sécurité, activité économique et liberté de pratique.

Car si le constat d’une surfréquentation est largement partagé, aucune solution miracle ne s’est imposée jusqu’à présent. La concertation permettra-t-elle enfin de dépasser les intentions pour aboutir à des mesures concrètes et acceptées par tous ?

Les premières propositions sont attendues dans les prochaines semaines.


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