Surf et confinement : comment éviter les amendes ?

Actu Locale - "En restant chez vous" disent les gendarmes. En respectant les dérogations et en assouplissant l'interdiction demandent les surfeurs.

Par - @surfsessionmag -
Ce surfeur aux dérives mal placées s'était fait remarquer lors du premier confinement. ©gendarmerie des landes
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Si le jeu du chat et de la souris se poursuit entre surfeurs et autorités, on dirait que cela commence à sérieusement lasser les forces de l'ordre. Pour preuve ce petit échange que nous avons eu avec une patrouille de gendarmerie qui contrôlait les surfeurs de Capbreton vendredi matin. Si les gendarmes rencontrés affirment qu'ils n'ont rien contre les surfeurs dont ils comprennent le goût des sport nautiques, ils aimeraient bien les voir faire preuve de patience plutôt que de désobéissance.

Il faut dire qu'en moins de 15 jours, ils ont déjà tout vu : le surfeur qui part en courant, celui qui se cache sous sa voiture, le dentiste qui dit "pas de problème je peux payer", le jeune rebelle qui dit "je m'en fous je paiera pas"... Et parmi les contrevenants, encore beaucoup qui ne sont pas du coin, comme ces jeunes bordelais qui avaient réservé un Airbnb sur la côte car les prevs étaient bonne ce week-end...

Contrôle à Capbreton ©Y.T.

Peu après le début de notre conversation, un bodyboarder qui sort de l'eau prend 135€ direct. Ici la tolérance consiste juste à ne pas lui mettre double dose car il est à plus d'un kilomètre de son domicile. Le fautif ne conteste pas "J'avais décidé de surfer jusqu'à en prendre une" avoue-t-il.

Mais la question des dérogations oblige les agents à faire preuve de discernement. Ainsi dans les 15 minutes qui suivent, cette patrouille va laisser passer un surfeur qui est bien sur les listes fédérales, mais pas celui qui explique qu'il ne fait pas de compétitions mais "juste des photos pour un sponsor"...

Gaizka Housset, en règle pour profiter du gros swell ce samedi


Il semble qu'à force de voir des surfeurs passer avec toutes sortes de motifs, la tolérance initiale soit parfois remplacée par une envie de simplifier les choses. Ainsi, tandis qu'un post facebook du préfet de Charente Maritime affirme qu'il n'y a "aucune possibilité de dérogation" pour les activités nautiques, les gendarmes croisés à Capbreton déclarent que seuls les athlètes de haut niveau ont le droit de surfer : "pas de B.E., pas d'ordonnance".

Pourtant, après vérification il apparait que la liste des exceptions transmise par la fédération française de surf, est bien mentionnée par la ministre des sports comme par la préfecture maritime de l'Atlantique dans son dernier arrêté.

Des possibilités légales existent donc toujours pour les concernés, mais mieux avoir un dossier bien ficelé et des documents au complet, comme une prescription concernant bien une affection longue durée ou une carte d'éducateur sportif à jour et en rapport avec la pratique.

L'arrêté affiché à Seignosse ©C.D.

Pour le surfeur lambda, ceux qui voudraient gruger en seront sans doute pour leur frais car les agents des forces de l'ordre ne se laisseront pas berner pas des document contrefaits. Comme ils ne sont pas dupes du signalement des contrôles sur les applications GPS ou les groupes Facebook dédiés...

Mais si l'heure de la fin de la tolérance a sonné, l'espoir repose désormais sur un assouplissement de la législation. Plusieurs collectifs y travaillent depuis la mobilisation du week-end dernier, les pétitions continuent à tourner, et 45 députés ont déjà demandé à suspendre la règle des 1h et 1km pour la pratique du sport en extérieur. Les premiers signes d'une éclaircie qui pointerait à l'horizon ?


                         
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COMMENTAIRES (4)
Pierre-axel - le 15/11/2020 à 20:52
Le plus drôle dans tout cela, ce sont finalement les dérives mal placées !
Quand l'absurde côtoie l'absurde. Et le burlesque, la science fiction...
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Exdevfr - le 16/11/2020 à 13:02
Maintenant que seuls les pros (lire: influenceurs Instagram pour Jeep, Mercedes, Red Bull, montres de luxe) ont le droit, on a vraiment atteint le sommet de l'esprit surf.
Répondre
Xaxo - le 16/11/2020 à 15:53
Il serait peut être temps d'arrêter de surfer non ? Entre autres.
La situation sanitaire est pire que lors du 1er confinement...
Et Bizarrement, beaucoup de surfeurs (surfsession y compris je trouve) font preuve de mauvaise fois et donnent l'impression qu'il n'y a plus à combattre ensemble l'épidémie, qui a été banalisée, alors que c'est le contraire. Pourquoi personne n'agit comme il y a 8mois ?
Les surfeurs et les autres personnes qui continuent de se déplacer le font en connaissance de cause. Ils savent qu'il ne faut pas le faire et je pense qu'ils comprennent pourquoi, personne n'est débile. Mais par contre il y a un peu égoïsme.
On essaie de nous responsabiliser , ça n'a visiblement pas marché car beaucoup ont enfreint les règles. Du coup, derrière, obligé de distribuer des amandes (reloues)

Tout le monde sait très bien que ce n'est pas le surf en lui même qui est dangereux.
Mais, comme beaucoup d' activités, cela incite les gens à se déplacer et se regrouper (exemple les surfeurs bordelais). C'est le contraire de limiter l'épidémie. Tout ce qu'il ne faut pas faire pour que les choses aillent mieux...
Il y a déjà trop de déplacements/contacts liés au travail, n'en rajoutons pas.
Certains y voient malheureusement de l'injustice ou de l'incohérence.
Hôpital de Bayonne dans le rouge et à côté, du monde se réunit pour surfer sur la côte Basque. Impensable. Et incohérent, ça aussi...

Il est loin le temps où il y avait solidarité, personnel hospitalier applaudi, la fédé de surf (que fait elle??) et le sport en général qui avaient un joli discours pour affronter l'épidémie...
Il faut se tourner vers le vrai problème pour que l'on puisse repartir à l'eau.
L'ocean me manque mais il faut se montrer responsables pour qu'il nous soit rendu rapidement !

(Ce message n'est pas assez prôné , on ne parle que de la protestation etc à mon goût !)
Le Surf fait malheureusement partie des nombreuses activités qui doivent cesser quelques temps car ensemble elles incitent les gens à sortir de chez eux.
C'est dur, ça enlève un peu de liberté c'est vrai, mais quand même, si on voit plus large, il y a urgent.
Le titre de votre article il est incroyable, vous parlez d'éviter des amandes au lieu d'abord d'éviter une épidémie forte/confinement long. Je rêve...

Dsl pour le pavé les gars
Répondre
inlandésia - le 17/11/2020 à 18:44
Bonjour, pas de surf pour les be / bp, ni avec ordonnance. Renseignez vous mieux surf session au risque d envoyer des surfeurs à l amende ou plus en cas de recudive. Le regime derogatoire pour le sport sur ordonnance et pour les educateurs sportifs ne s applique pas au surf.
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