À l’origine, SISTERHOOD OF RHYTHM naît d’un concours de courts-métrages. Mais rapidement, le projet dépasse le simple cadre compétitif pour devenir une véritable exploration artistique et personnelle portée par Celia d’Arifat.
Dès les premières images, le film surprend par son mélange de surf, de danse et de lifestyle. Un choix qui ne doit rien au hasard. La réalisatrice puise avant tout dans sa propre passion : le surf. « C’est ce qui m’anime depuis toujours, ce qui m’inspire profondément », confie-t-elle. Naturellement, elle décide d’ancrer son projet dans cet univers qu’elle connaît intimement.
L’idée prend une nouvelle dimension lorsqu’elle réunit deux surfeuses, Eve Isambourg et Melissa Rousset. Leur complicité, leur complémentarité — aussi bien dans l’eau que dans leur pratique de la danse — deviennent une évidence visuelle et narrative. « Elles surfent souvent ensemble, parfois sur la même vague, avec une vraie harmonie. Je voulais capter ça. » La danse s’impose alors comme un prolongement naturel de leur relation, une autre forme d’expression du mouvement déjà présent dans le surf.
Plutôt qu’un simple film de glisse, Celia d’Arifat imagine une œuvre où les éléments deviennent centraux. L’eau, bien sûr, mais aussi le feu, autre source d’inspiration forte. « Je voulais construire quelque chose autour de ces deux forces, presque opposées mais complémentaires. »
Une expérience entre calme et intensité
Ce film ne cherche pas à faire une carte postale classique. L’approche est plus sensorielle qu’esthétique.
« Mon objectif n’était pas de montrer un spot, une région ou bien un pays, mais de transmettre ce que l’on ressent en y vivant. » Pourtant, pour les spectateurs, une atmosphère particulière se dégage immédiatement : lumière douce, chaleur, liberté.
Chez moi, les retours des habitants confirment cette intention : beaucoup y reconnaissent leur quotidien, leur lien à l’océan, leur mode de vie. Le film capte notamment ces moments de partage simples, comme les feux de camp sur la plage, très présents dans la culture locale. « Ce sont des instants récurrents ici : on se retrouve, on joue de la musique, on partage. Je voulais intégrer cette dimension. »
Au-delà du décor, c’est surtout la relation à l’océan qui structure le film. Lever à l’aube, sessions de surf à 5 heures du matin, lumière changeante : autant de détails qui traduisent une connexion profonde à l’environnement. « C’est dans ces moments-là que tout est le plus intense, le plus vrai. »
La danse vient alors s’inscrire dans cette continuité, comme une manière d’habiter les éléments — dans l’eau, sur le sable, autour du feu. Une fusion entre corps, nature et émotion.


Une expérience sensorielle avant tout


Interrogée sur l’intention finale du film, Celia d’Arifat évoque une démarche instinctive. « Je ne suis pas partie avec un message précis à transmettre. Je voulais surtout exprimer quelque chose de personnel et voir comment les gens allaient le recevoir. »
Les réactions du public confirment néanmoins une réception forte et émotionnelle. Beaucoup parlent d’un film « touchant », capable de faire ressentir une connexion à l’océan, même pour ceux qui ne la vivent pas directement.
La construction du film accompagne cette intention. La première partie installe une atmosphère presque contemplative, introspective. Puis, progressivement, le ton évolue vers quelque chose de plus léger, plus spontané. « La fin, c’est vraiment le fun, la joie. Parce qu’au fond, tout ça reste une passion. »
Le choix musical joue un rôle clé dans cette transition. Après avoir découvert le morceau « Objects » de Sports Coach, la réalisatrice décide de contacter l’artiste avec persévérance jusqu’à obtenir son accord. « Cette musique était exactement ce qu’il fallait pour porter cette émotion. »
Au final, SISTERHOOD OF RHYTHM s’impose comme une expérience sensorielle et sincère, née d’une envie simple et profonde : transmettre ce que l’océan fait ressentir. Celia d’Arifat ne cherchait pas à démontrer, mais à partager — créer quelque chose qui l’inspire, qui la fait vibrer, et voir comment ce message trouverait son chemin jusqu’aux autres. Pour donner corps à cette vision, elle a choisi de la mettre en lumière à travers la relation entre Eve Isambourg et Melissa Rousset, où le surf devient langage, la danse une extension du corps, et l’océan un lien universel. Sublimé par la musique de Sports Coach, le projet trouve toute sa force dans ce qu’il parvient à faire ressentir — exactement ce que sa réalisatrice espérait.
Directed & filmed by : Celia d’Arifat ( Grain de Cel )
Featuring : Eve Isambourg & Melissa Rousset
Music by : Sports Coach » Objects «
Coward Syndrome » Itches dawn version «
Lightning by : Arnaud Louise
Voice Over by : Jenny Queiroz
Sound Design & Editing by : Celia d’Arifat ( Grain de Cel )
Thumbnail by : Eva Schmitter





