En Afrique du Sud, le dernier mégaprojet gazier de TotalEnergies fait scandale

Environnement - Un projet que les ONG décrivent comme "dévastateur" et qui menacerait une faune marine riche ainsi que la pêcherie artisanale.

Par - @surfsessionmag -
zacharytheodore
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Décidément, Total est au coeur de nombreuses discussions ces derniers temps. Car au-delà des grèves dans les raffineries et l'agitation qui entoure l'augmentation de salaire de son PDG Patrick Pouyanné, Total est depuis quelques jours dans la tourmente pour un sujet peut être encore bien plus grave. 

Dernier mégaprohet destructeur de Total ? Extraire un milliard de barils de pétrole et de gaz en dévastant les éco-systèmes et les animaux marins aux larges de l'Afrique du Sud (dans le bassin d'Outeniqua). C'est ce qu'a révélé ces derniers jours l'ONG Bloom Association et l'ONG sud-africaine Green Connection.

À l'abri des regards citoyens, Total s'apprête donc à dévaster la côte sud-africaine, véritable trésor de biodiversité, anéantissant par la même occasion des milliers d'animaux marins, baleines, tortues, otaries... en Afrique. Un projet que les ONG décrivent comme "dévastateur" et qui menace d'accélérer la catastrophe climatique.



En effet, la multinationale française a demandé le 5 septembre dernier une licence de production pour exploiter deux immenses champs gaziers au large des côtes sud-africaines. Des opérations de forage qui, d'après les ONG, "risquent de saccager un écosystème marin exceptionnel, refuge de milliers de baleines à bosse, cachalots, pétrels, albatros ou autres tortues luths". Elles pourraient également mettre en péril la pêche artisanale locale.

C'est ce que nous apprend l'association Bloom (pour la protection des océans) et l'ONG sud-africaine The Green Connection dans un communiqué. 

"TotalEnergies s'apprête à investir trois milliards de dollars pour lancer des opérations de forage dans les eaux profondes sud-africaines, au détriment des petits pêcheurs et d'une biodiversité spectaculaire. C'est un endroit incroyable du point de vue de la biodiversité, qui se trouve sur la route de migrations de baleines et de cachalots. Mais c'est un endroit où l'on trouve aussi des dauphins, des tortues luths et des phoques notamment", a défendu Claire Nouvian, la présidente de Bloom. Mais otaries, manchots, albatros, pétrels ou encore fous de Bassan peuplent la côte sud-africaine.



De son côté, l'eurodéputée écologiste Karima Delli, venue soutenir les ONG avec l'eurodéputé Raphaël Glucksmann et le député François Ruffin (La France insoumise) a déclaré que "le gaz n'est pas une énergie de transition" et qu'il "faut dire stop au greenwashing".

Et pour cause : en plus d'être un drame écologique, ce projet est un drame humain qui va menacer la sécurité alimentaire des populations locales.

"Le cas Total est emblématique. Emblématique de la démission de la puissance publique face aux puissances privées. Emblématique de l'abandon de l'intérêt général au profit des intérêts particuliers. Emblématique du poids que l'on donne ou pas à nos principes, à l'écologie et à la justice fiscale" a dénoncé de son côté l'eurodéputé Raphaël Glucksmann.



Le risque d'une marée noire

Soyons précis. On parle ici de l'autorisation d'exploiter deux importants gisements gaziers pouvant contenir jusqu'à un milliard de barils d'équivalent pétrole. Et ce, à 175 kilomètres des côtes. 

"Ce sont des forages de grande profondeur, à plus de 1 000 mètres sous la surface, dans une zone de forts courants : ils savent que ce sont des eaux compliquées avec un risque de marée noire", a assuré Swann Bommier, de chez Bloom, lors d'une conférence de presse à Paris. "Total est le premier à aller à cette profondeur, s'ils obtiennent ce permis, ce sera un énorme signal pour toute l'industrie" sur la possibilité de lancer des forages dans des eaux encore vierges, a-t-il ajouté.



Selon les associations, les autorités sud-africaines, qui comptent sur le gaz pour sortir de leur dépendance au charbon, doivent se prononcer sur l'obtention de cette licence au terme d'une enquête publique prévue jusqu'au 20 janvier.

En attendant, Bloom a lancé une pétition demandant au PDG de Total, Patrick Pouyanné, d'abandonner ce projet "dévastateur". L'ONG appelle également le gouvernement français à œuvrer pour la préservation des eaux profondes sud-africaines.

>> Pour signer la pétition, rendez-vous ici  
                  
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