Interview avec Ian Fontaine
Qu’est-ce que ça représente pour toi d’être sélectionné pour les Championnats du Monde Interclubs en Australie?
Avant tout, cette sélection représente le fait d’avoir été champions de France Interclubs, à l’issue d’une victoire décrochée à Mimizan en mai dernier, dans des conditions loin d’être évidentes. Rien que ça, c’était déjà une immense fierté.
Cela fait plusieurs années que le club participe à cette compétition. On y présente toujours des équipes, car c’est un moment fort pour cultiver l’esprit club, partager un petit trip dans le Sud-Ouest et défendre nos couleurs à fond. Chaque année, on s’investit énormément, mais jusqu’ici, malgré des finales régulières et une troisième place comme meilleur résultat, on n’arrivait pas à décrocher le titre. La pression nous faisait parfois défaut, d’autant plus que le format tag team est très exigeant tactiquement.
Cette fois, tout s’est aligné. Être champions de France, c’est déjà une grande fierté, mais c’est aussi la reconnaissance d’un collectif qui a parfaitement fonctionné. On a su composer une équipe solide, performante et cohérente. Cette qualification mondiale est avant tout la récompense de ce travail collectif.
Quand as-tu appris officiellement la qualification du club et quelle a été ta première réaction?
Au départ, on ne savait pas que le titre de champion de France permettait de décrocher une place pour l’Australie. Pendant la compétition, une rumeur circulait sur cette possibilité d’accéder aux World Championships Interclubs. C’est un événement encore récent à l’international : historiquement, il s’agissait surtout de championnats australiens, avant une ouverture progressive aux équipes internationales sur invitation.
Cette année, c’était la première fois que la qualification passait par un titre national. Quand on a compris que cette opportunité existait, ça a clairement ajouté une pression supplémentaire, mais une pression positive. De toute façon, on aurait tout donné quoi qu’il arrive, mais là, il y avait ce bonus incroyable en ligne de mire.
La confirmation officielle est arrivée quelques mois plus tard. Là, on a vraiment réalisé. C’était assez fou. Pour le club, c’est un moment historique : c’est la première fois qu’on part à l’étranger avec une équipe compétitive. Clairement, ce déplacement en Australie va marquer un tournant et restera un highlight pour le club.
« On surfe souvent ensemble, on partage beaucoup de compétitions et d’événements du club. On se connaît parfaitement. »


« C’est la première fois qu’une équipe française participe aux Championnats du Monde Interclubs en Australie. »
Selon toi, qu’est-ce qui a fait la force de 29 Hood Surf pour décrocher cette place mondiale?
Je pense que Thomas Joncour le dirait très bien : la clé, c’est la composition et la cohésion de l’équipe. On surfe souvent ensemble, on partage beaucoup de compétitions et d’événements du club. On se connaît parfaitement.
Dans un format tag team, la confiance est primordiale. Il faut savoir compter sur ses partenaires et accepter de s’effacer pour le collectif. C’est exactement ce qui s’est passé. Tout le monde a été solide dès les séries préliminaires et jusqu’en finale. On a tous été performants à notre niveau.
C’est peut-être un peu cliché, mais cette cohésion sincère, cette envie que chacun réussisse pour le groupe, a créé une vraie émulation. Et c’est ce qui nous a permis de faire la différence.
As-tu déjà surfé ou voyagé en Australie, et qu’est-ce que tu attends le plus là-bas?
Oui, j’ai déjà voyagé et surfé en Australie. J’ai même déjà surfé à Snapper Rocks et participé à quelques compétitions là-bas à l’époque. C’est un endroit que j’adore.
Ce qui m’excite le plus, c’est l’opportunité de surfer une vague mythique comme Snapper avec seulement quatre personnes à l’eau, tout en représentant notre club, notre région et notre pays face aux meilleures équipes internationales. Il y a de très grands noms sur cette compétition.
On part avec un excellent état d’esprit. Physiquement, on se prépare sérieusement, car on arrive en plein hiver européen pour retrouver l’été australien. Il y aura forcément un décalage à gérer, mais on est prêts. On a surtout hâte de vivre cette aventure ensemble, de partager un mois de vie là-bas, de s’immerger dans leur culture et de profiter de chaque instant. Personnellement, je suis comme un fou à l’idée d’y être.
Comment vous préparez-vous physiquement et mentalement pour cet événement?
Physiquement, on est encadrés par un préparateur qui nous a mis en place une préparation spécifique. Snapper est une vague longue et exigeante, et le format demande aussi beaucoup d’explosivité : courir sur le sable, retrouver son box rapidement, transmettre le relais sans perdre de temps. Il y a une vraie dimension athlétique, parfois plus marquée que sur d’autres compétitions.
On a environ un mois pour arriver tous en pleine forme. Mentalement, on prévoit d’arriver une dizaine de jours avant la compétition pour gérer le décalage horaire, le changement de saison et retrouver rapidement nos sensations en boardshort. On a aussi commencé à remettre en place des entraînements spécifiques au format tag team afin d’être parfaitement rodés. L’objectif est clair : arriver prêts, soudés et confiants.
Qu’est-ce qui rend ce groupe de surfeurs complémentaire selon toi?
L’équipe est composée de profils très variés :
- Thomas Joncour en Master,
- moi-même en Open,
- Gabriel Abiven en Junior,
- Montaine Tacone en Ondine,
- et Vianney Tshiula Lubanga comme remplaçant.
Chacun a un style, un âge et des qualités différentes. Cette diversité est une vraie force. Par exemple, Gabriel apporte énormément de tonicité et d’énergie, même s’il a parfois moins d’expérience stratégique. À l’inverse, Thomas excelle dans la lecture des séries et le choix des vagues, avec une approche très réfléchie. On joue sur ces complémentarités pour équilibrer l’équipe et maximiser notre performance collective.
Pourquoi était-il important pour le club de lancer une cagnotte pour ce projet?
Tout simplement parce que le club n’a pas les moyens financiers pour financer un tel déplacement. Partir à cinq en Australie représente un budget énorme. À part quelques revenus de sponsors pour moi, nous sommes tous des surfeurs amateurs, sans ressources suffisantes pour assumer ce genre de projet.
La cagnotte nous permet de mobiliser les personnes qui nous soutiennent et croient en nous. Aujourd’hui, elle fonctionne très bien : lancée le 1er décembre, elle a déjà atteint 54 % de l’objectif. Même les petites contributions comptent énormément pour nous.
On a aussi mis en place des contreparties : t-shirts, stickers, packs supporters, cours de surf… L’idée est de remercier les gens qui nous aident. On est extrêmement reconnaissants de cet élan de soutien, d’autant plus que ni la fédération ni les structures officielles n’ont encore prévu de financements pour les interclubs à l’international. C’est nouveau, donc on doit se débrouiller seuls.


Si tu devais résumer cette aventure en un mot ou une phrase?
Une aventure unique.
C’est la première fois qu’une équipe française participe aux Championnats du Monde Interclubs en Australie. Pour nous, c’est une opportunité rare, peut-être même unique, de représenter notre club, nos valeurs et de tout donner sur la scène internationale.





