
À Tahiti, l’océan n’est en effet ni un décor ni un simple terrain de jeu. Il est avant tout une origine, une mémoire, un langage. Sans lui, il n’y a pas de Polynésie. C’est d’ailleurs ce que résume Jean-Christophe « Teva » Shigetomi, historien du surf, président d’honneur du Ta’apuna Surf Club et ancien secrétaire général de la Fédération tahitienne de surf : « Sans la mer, il n’y a pas de Polynésien. » Acteur de terrain et passeur de mémoire, il incarne ainsi une relation à l’océan façonnée par des décennies d’observation et de transmission.
Une civilisation née de la mer
Bien avant l’apparition du surf moderne, la civilisation polynésienne s’est construite par la mer. Guidées par les étoiles, les courants et les vents, de grandes traversées transocéaniques ont ainsi façonné un rapport intime à l’océan.
Dès le XVIIIᵉ siècle, les récits des navigateurs européens — notamment ceux de James Cook — décrivent des Polynésiens nageant, naviguant et glissant sur les vagues avec aisance.
De plus, ces témoignages seront ensuite prolongés par des auteurs comme William Ellis ou Teuira Henry, qui ont également documenté les pratiques maritimes polynésiennes.
Parmi elles figure le horue, souvent présenté comme l’ancêtre du surf : une glisse sur des planches rudimentaires inscrite dans un ensemble plus vaste de relations au corps, à la mer et au collectif.


Le surf, une expression récente d’un lien ancien

« Le surf n’est qu’une expression parmi d’autres », rappelle d’ailleurs Teva.
Avant les champions de surf, la Polynésie comptait déjà des champions en pirogue ou en pêche sous-marine. En effet, le corps polynésien s’est construit dans cette relation quotidienne à l’eau.
Le surf moderne apparaît réellement au XXᵉ siècle, avant de se structurer dans les années 1960 et 1970 sous l’influence anglo-saxonne.
Teva se souvient de ses débuts en décembre 1974 : des figures comme Georges Remoissenet ou Arsène Harehoe, des surfeurs installés sous tente à Huahine, des premières planches venues de Hawai’i, et des mythiques Lightning Bolt de Gerry Lopez.
Teahupo’o, la vague révélatrice
Au milieu des années 1980, une vague commence ainsi à cristalliser cette histoire : Teahupo’o.
Ce spot, situé sur la côte sud de Tahiti, est aujourd’hui considéré comme l’une des vagues les plus puissantes et les plus impressionnantes du monde.
Sa forme unique est en effet due à un récif corallien extrêmement peu profond qui provoque un déferlement particulièrement lourd et rapide.
Cette vague fascine également les photographes du monde entier qui cherchent à capturer la puissance brute de l’océan polynésien, comme en témoignent certaines images spectaculaires publiées lors du concours photo international Red Bull Illume.
Images spectaculaires publiées lors du concours photo international Red Bull Illume: ici




Observer avant d’agir


Chez Teva, la relation à l’océan reste en effet quotidienne.
D’abord, chaque matin commence par une observation : regarder la mer, lire les conditions, sentir.
Ensuite vient le choix : surfer si les conditions le permettent, ou nager.
La nage suit notamment des parcours connus par cœur, ponctués de rencontres avec les tortues ou les poissons.
Car, comme il le résume : « La mer lave. Elle enlève ce que vous avez dans la tête. »
Préserver ce qui reste vivant


Cette intimité rend d’autant plus douloureuses certaines évolutions récentes : enrochements, aménagements mal pensés, vagues dégradées.
Considérer la mer comme un simple terrain de jeu, et non comme un espace de vie, entraîne en effet des dégâts durables.
À Tahiti, cette sensibilité s’est notamment exprimée lors de la mobilisation de la communauté surf autour de la protection de la vague de Teahupo’o.
Mobilisation de la communauté surf autour de la protection de la vague de Teahupo’o: ici
Pourtant, beaucoup de choses restent rattrapables si l’on repense la manière d’habiter le littoral.
Des figures, mais un esprit avant tout
Aujourd’hui, Tahiti continue de faire émerger des figures majeures du surf mondial :
Kauli Vaast
Vahine Fierro
Michel Bourez
Matahi Drollet
Ensemble, ils incarnent une nouvelle génération de surfeurs polynésiens qui s’inscrit dans un héritage plus vaste.
Mais l’archipel abrite aussi une multitude de vagues encore peu connues qui participent à la richesse de la culture surf polynésienne.
Une multitude de vagues encore peu connues: ici
Ils ne sont finalement que la partie visible d’un esprit plus large : celui d’un rapport quotidien à l’océan, partagé entre nage, pirogue, plongée et observation.


Voyager autrement

Découvrir Tahiti, c’est avant tout accepter de changer de rythme.
Observer avant d’agir.
Écouter avant de consommer.
Se laisser transformer par l’océan autant que par les paysages.
Pour se rendre en Polynésie, Air Tahiti Nui, la compagnie aérienne polynésienne engagée dans la préservation de son territoire, facilite le transport des équipements sportifs en offrant notamment le transport de la planche de surf en supplément de la franchise bagage de 23 kg.
De plus, les lecteurs de Surf Session bénéficient d’un code promotionnel exclusif, SURFSESSION400 offrant 150 €* de réduction immédiate pour toute réservation d’un billet Paris-Tahiti sur le site de la compagnie.
*valable pour tout achat en ligne avant le 31 décembre 2026, période de voyage hors juillet/aout et sous réserve de disponibilité sur les dates choisies.
Air Tahiti Nui
Un partenariat au service de la culture polynésienne et de l’océan
Air Tahiti Nui est engagée depuis 2015 dans une démarche RSE visant à réduire son impact environnemental tout en soutenant le développement de la Polynésie française . La compagnie agit concrètement pour la préservation des écosystèmes marins en soutenant des initiatives scientifiques et éducatives, notamment autour de la protection des requins.
Elle œuvre également à limiter son empreinte carbone grâce à la modernisation de sa flotte et à des actions comme la compensation des émissions . Par ailleurs, Air Tahiti Nui soutient des athlètes polynésiens, notamment dans le surf comme Kauli Vaast, Vahine Fierro…, en facilitant leur participation à des compétitions internationales.
À travers ces engagements, la compagnie affirme son attachement à un développement durable, en harmonie avec son territoire et son environnement.
Un archipel, un océan, une manière d’être
À Tahiti, l’océan n’est pas un produit d’appel.
Il est une mémoire.
Une école.
Une boussole.
Le comprendre, c’est déjà commencer le voyage.



Sources et inspirations
Récits de James Cook
William Ellis – Polynesian Researches
Teuira Henry – traditions tahitiennes
Recherches et témoignages de Jean-Christophe « Teva » Shigetomi





